Imprimer cet article Envoyer cet article

4 500 TMS reconnus en maladies professionnelles

4 500 troubles musculo-squelettiques reconnus en maladies professionnelles en 2015.

Neuf troubles musculo-squelettiques sur dix sont des affections péri-articulaires. La taille de la vigne sollicite beaucoup les épaules, les bras et les mains. © Joseph Mohyla – Istockphoto / CCMSA Image.

En 2015, 4 502 troubles musculo-squelettiques (TMS) ont été reconnus en tant que maladies professionnelles pour les affiliés au régime agricole. Les trois-quarts concernent les salariés agricoles. Neuf TMS sur dix sont des affections péri-articulaires.

4 502 troubles musculo-squelettiques ont été reconnus en maladies professionnelles (MP) pour les affiliés de la MSA en 2015, soit 1 149 pour les non-salariés (25,5 %) et 3 353 pour les salariés (74,5 %). Ce chiffre a diminué par rapport à 2014 (4 761). L’indice de fréquence est de 2,6 pour 1 000 affiliés. Les TMS constituent la première cause de MP reconnues en agriculture. Ils représentent 93,1 % du total des MP, soit 86,1 % pour les non-salariés et 95,8 % pour les salariés. Ces éléments chiffrés et les suivants sont issus d’une synthèse de l’observatoire économique et social de la MSA parue en février 2018.

Les troubles musculo-squelettiques

Les affections péri-articulaires constituent 88,8 % des TMS. Viennent ensuite les affections du rachis lombaire dues aux vibrations (5,6 %) et aux manutentions manuelles de charges lourdes (4,7 %). Plus de quatre TMS sur dix concernent des actifs âgés de 46 à 55 ans. Pour cette population, l’indice de fréquence est de 4,8 maladies pour 1 000 affiliés. Les actifs de moins de 36 ans ont la plus faible fréquence (0,8 pour 1 000). Si les hommes représentent 52 % des cas, il reste que les femmes présentent un risque plus élevé, avec un indice de fréquence de 3,4 TMS pour 1 000 affiliées, contre 2,1 pour les hommes.

Les secteurs agricoles

Le secteur primaire (collecte et exploitation des ressources naturelles), dans lequel travaille la majorité de la population agricole (70,6 %), regroupe 74,1 % des TMS. Dans ce secteur, cinq activités en concentrent la majeure partie : la viticulture (804 TMS), les élevages de gros animaux (638), les cultures spécialisées (595), les entreprises de jardins, paysagistes et reboisement (351), et les cultures et élevages non spécialisés (313). Le secteur secondaire (industries de transformation des matières premières) est surreprésenté, avec 20,8 % des TMS pour 9,2 % d’affiliés agricoles. À l’inverse, dans le secteur tertiaire (activités de bureau et enseignement agricole), ils sont moins fréquents (230 cas).

La gravité

2 061 TMS ont été considérés comme graves, parce qu’ayant entraîné une incapacité permanente partielle (IPP). Ils représentent 45,8 % de la totalité. Les salariés agricoles sont plus touchés (1 615 TMS graves) que les non-salariés agricoles (446).

Les non-salariés agricoles

1 149 TMS ont été reconnus en MP chez ces derniers. Ils représentent 86,1 % des MP reconnues pour les 600 000 affiliés, soit un indice de fréquence de 2 pour 1 000. Ceux âgés de 51 à 55 ans sont les plus impactés, avec 29,9 % des TMS, soit une fréquence de 3,3 pour 1 000. Les femmes présentent un risque deux fois plus important que les hommes : 3,4 cas pour 1 000 affiliées, contre 1,5. L’élevage de bovins-lait enregistre le plus grand nombre de TMS, avec 305 maladies (26,5 %) et un indice de fréquence élevé (3,6 pour 1 000 non-salariés). Il est de 4,7 pour les éleveurs de lapins et de volailles, qui sont les plus fréquemment touchés.

Les salariés agricoles

3 353 TMS ont été reconnus en MP chez les salariés. Ils représentent 95,8 % des MP reconnues pour 1,2 million de salariés, soit un indice de fréquence de 2,8 TMS pour 1 000. Ceux âgés de 46 à 55 ans sont principalement concernés, avec 42 % des TMS et un indice de fréquence de 6,7 pour 1 000. Là encore, les femmes sont davantage touchées, avec 3,4 cas pour 1 000, contre 2,5 pour les hommes. La viticulture est la plus affectée, avec 694 cas (20, 7 % des TMS). Deux secteurs connaissent une fréquence élevée : le traitement de la viande de gros animaux (39,7 pour 1 000 affiliés) et les coopératives de traitement des viandes de volailles (24,7 pour 1 000).

Anne Pichot de la Marandais

Comments are closed.