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Agri’Écoute renforcé Prévenir le mal-être des agriculteurs (4/6)

Créé en octobre 2014 par la MSA, ce service d’écoute téléphonique est accessible 24h/24 et 7j/7. Il permet à tout adhérent MSA de dialoguer anonymement avec des psychologues cliniciens. Entre octobre 2014 et février 2018, Agri’Écoute a traité plus de 4 000 appels.

Un service professionnel

En mars 2018, la MSA renforce le dispositif avec un nouveau prestataire, Psya, et ses psychologues cliniciens formés à la gestion de la crise suicidaire. L’appelant peut contacter jusqu’à quatre fois le même psychologue. Celui-ci peut lui proposer de faire le lien avec la cellule pluridisciplinaire de prévention du suicide de la caisse de MSA correspondante. L’anonymat serait alors levé pour engager l’accompagnement. Psya possède son propre réseau de 880 praticiens, répartis dans tout la France, avec la possibilité de rendez-vous dans les trois à cinq jours. 

Un meilleur suivi statistique et qualitatif est également assuré, grâce auquel un premier bilan a été réalisé : 

  • Agri’Ecoute a reçu 400 appels par mois en moyenne entre juin et septembre 2018. 43 % de ces appelants ont entre 51 et 60 ans, et 56 % sont des hommes. 
  • 81 % sont des agriculteurs ou affiliés, 13 % sont des proches. 
  • En tout, 3 708 appels ont été reçus en 8 mois, dont 9 % ont rappelé le psychologue 2 à 3 fois maximum et 6 % ont été orientés vers les cellules de prévention de 13 MSA.

Des causes multiples

La première raison évoquée par les appelants concerne des difficultés personnelles (58 %), comme la vie sentimentale, la solitude et la situation de proche aidant. Les problèmes professionnels sont surtout liés à des difficultés financières, à une surcharge de travail et aux préoccupations en lien avec la conciliation entre la vie privée et professionnelle. Les situations les plus difficiles cumulent ces deux types de facteurs.

38 % des appelants n’ont pas de trouble spécifique mais expriment un sentiment de mal-être, de fragilité, ou de détresse face aux évènements et aux décisions à prendre. Ils sont cependant 35 % à présenter des troubles anxiodépressifs ; 9 % ont manifesté des idées suicidaires.

 

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