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Au top, les chefs

Les collégiens et les seniors ont travaillé en équipe pour remporter la compétition culinaire. © Eve Dusaussoy

Le 6 juin, la MSA Haute-Normandie a renouvelé l’opération « Générations cuisine » : un concours culinaire associant élèves de quatrième et personnes âgées de plus de 60 ans. Être un cordon bleu ? C’est du gâteau.

« Les shows gastronomiques c’est à la mode, ça plaît aux jeunes. » Pour Jean-Marc Durand, agent de prévention santé à la MSA et animateur de l’Asept (Association santé éducation et préventions sur les territoires) Haute-Normandie, il fallait surfer sur la vague. « Nous voulions organiser une action intergénérationnelle entre jeunes et seniors et, en même temps, faire découvrir la qualité de nos exploitations. Nous avons pensé à un concours culinaire. La cuisine, ça fédère. C’est un ciment. »
 

 
L’année dernière, jeunes et aînés avaient déjà mis la main à la pâte à la Barre-en-Ouche, dans l’Eure. Forte de son succès, la MSA Haute-Normandie, renouvelle l’opération cette fois à Saint-Romain-de-Colbosc, en Seine-Maritime.Huit équipes, constituées d’élèves de quatrième et de retraités, ont deux heures pour confectionner un plat avec des produits frais et locaux. À la clé : un fromage de ferme au lait cru et une invitation pour aller visiter le Sénat à Paris.

Du pain sur la planche

Dans l’immense cuisine improvisée de la maison pour tous, les équipes s’affairent. Les petites mains s’arment d’ustensiles, épluchent, découpent, pétrissent… Les concurrents slaloment entre les tables, des assiettes entre les mains. « Il y a une casserole sur le feu et personne pour surveiller ! », crie Laure Compas, diététicienne. Avant le concours, elle a passé au crible les recettes de chaque groupe pour évaluer leurs apports nutritionnels. Aujourd’hui, elle surveille la sécurité et l’hygiène pendant les préparations. « Lavez-vous bien les mains. Portez vos calottes et vos tabliers. Souvenez-vous bien : en deux heures vous devez cuisiner et laisser des tables ni-ckel. »

© Eve Dusaussoy
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Pour le moment, la farine vole, les saladiers dégoulinent et les tomates explosent. « Depuis que le top départ a été donné, on n’existe plus », s’amuse Jean-Marc Durand. « On voit qu’ils ont bien préparé leur truc : chacun sait exactement ce qu’il a à faire. »  Plusieurs ont testé leur recette avant le jour J. Ils se sont réunis chez le senior du groupe pour la réaliser une fois ensemble.

Oranne se lance dans la réalisation minutieuse de fleurs en pâte d’amande pendant que ses coéquipières préparent l’appareil de leurs futurs cupcakes : « Tu m’ajoutes de la fleur d’oranger ma puce ? » demande Chantal à Sixtine. Après deux journées passées ensemble, les seniors et les jeunes partagent une bonne complicité.

Si les chefs sont au point, ils ne sont pas à l’abri d’un accident ou d’un imprévu. Certaines préparations se rebiffent à l’approchent de la fin. Le démoulage des cakes et la remise au réfrigérateur s’avèrent être des exercices périlleux. Du côté du flan péruvien, on attend désespérément que le gâteau refroidisse pour couper les tranches et les disposer sur l’assiette. « Il vous reste 25 minutes ! » lance Laure Compas à la salle. On profite des dernières minutes pour Provestra Provestra peaufiner la présentation. Des gourmands lèchent les cuillères en catimini.

 

Les produits laitiers à l’honneur

Condition sine qua non pour rester en lice : inclure au moins un produit laitier dans sa recette. La veille, les collégiens et les retraités se sont retrouvés à la ferme du Castillon de Saint-Vincent-Cramesnil pour une visite guidée en compagnie de Corinne Dumesnil. En 2004, cette infirmière a troqué la blouse blanche contre les bottes en caoutchouc pour se lancer dans la transformation de produits laitiers. Aujourd’hui, elle ne manque pas une occasion de transmettre sa passion aux enfants.

Les collégiens en visite...
Les collégiens en visite...
...à la fromagerie Dumesnil
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Contrainte : utiliser un produit laitier au moins
Contrainte : utiliser un produit laitier au moins
© Eve Dusaussoy
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« Beaucoup ne savaient pas que pour avoir du lait, la vache doit avoir eu un veau, relève Jacques Fréger, élu MSA et président de l’échelon local pointe du Havre. Ils ont été plongés dans l’ambiance d’une exploitation où l’on élève des vaches, on produit le lait, on le transforme et on vend les produits finis. » Ils ont aussi pris conscience que travailler en milieu vivant présente des avantages mais aussi des inconvénients : « Il faut être très vigilant sur l’hygiène », a martelé l’exploitante. Une visite riche en apprentissages.

Laure Compas a animé l’après-midi une conférence sur l’équilibre alimentaire. Les produits laitiers, « il ne faut pas les négliger. Chez les gens qui mangent moins de viande, comme les personnes âgées, ils permettent de compenser des manques en calcium et en protéines. » Pour la diététicienne, la recette d’un bon équilibre est simple : une bonne dose d’activité physique, une nourriture variée et en quantité raisonnable et surtout : « se faire plaisir ». Voilà qui n’a pas posé de problème aux collégiens, qui se sont délectés le matin, pendant la dégustation des fromages de Corinne Dumesnil.

« Nous avons réussi ce que nous voulions en termes d’échanges intergénérationnels et de responsabilisation des jeunes. »

Pour Florence Neveu, animatrice d’échelon local dans le département de Seine-Maritime, le pari est réussi : « Les jeunes comme les seniors se prêtent très bien au jeu. Nous avons réussi ce que nous voulions en termes d’échanges intergénérationnels et de responsabilisation des jeunes. » Une réussite qui incombe pour bonne part aux élus de la MSA. « Ils sont très actifs sur le territoire et lors des comités de pilotage. Ils connaissent beaucoup de personnes et savent vers qui nous orienter. Ce sont eux qui nous ont aidés à trouver la salle et l’exploitante pour la visite guidée. »

L’équipe organisatrice de la MSA Haute-Normandie espèrent que les bénéfices seront durables sur les élèves. L’an dernier, le concours a porté ses fruits : les professeurs ont noté un changement de comportement très positif chez certains. Les timides se sont montrés plus volontaires et ont participé davantage aux activités en groupe. La cerise sur le gâteau.

Le jury entame la dégustation
Le jury entame la dégustation
...devant les concurents impatients
...devant les concurents impatients
© Eve Dusaussoy
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Lire aussi

Jeunes et aînés mettent la main à la pâte. Article sur la première édition du concours « Générations cuisine » en 2013 dans l’Eure.

Rapprocher les générations. Témoignage (et interview vidéo) de Gérard Fauche, élu MSA de l’Eure, qui évoque la création et les objectifs de ce challenge culinaire.

Eve Dusaussoy

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