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Bilan prévention santé 2017

©Téo Lannié/CCMSA Images

La MSA, relais et actrice de la stratégie nationale de santé (SNS), présente un compte-rendu autour de trois axes : la prévention, le dépistage et l’accompagnement. Elle reste très attentive aux sous-consommants de soins (jeunes, personnes en situation de précarité, seniors).   

  

Prévenir 

Les Instants santé.  Près de 132 000 adhérents âgés de 25 à 74 ans ont suivi ce dispositif en trois étapes : premier rendez-vous avec une infirmière, orientation par un médecin généraliste vers un parcours de soins ou de prévention et, en fonction des besoins, mise en place des actions de suite. Jugé utile, voire très utile, par la majorité des adhérents, le dispositif vise à promouvoir la prévention primaire (vaccination, dépistage) et à favoriser l’inscription dans un parcours de santé.  

Les Instants santé jeunes. Près de 46 500 adhérents de 16 à 24 ans ont rempli un questionnaire sur Internet (isjeunes.msa.fr). Plus de 20% sont allés à la consultation de prévention. Plus de 78 000 pages du site ont été vues, principalement sur la sexualité, les infections sexuellement transmissibles et le suicide. 

La prévention bucco-dentaire s’est articulée autour des dispositifs interrégimes
(M’T dents) et spécifiques (dépistage des facteurs de risque, suivi régulier et précoce).
46 368 enfants ont bénéficié d’un examen de prévention et les relances ont permis d’augmenter le taux de participation des enfants de 6, 9 et 12 ans ; 1 021 personnes en situation de précarité ont bénéficié d’une prise en charge. 

La grippe. Le taux de couverture vaccinale a atteint 54,1 % en 2017. 

La vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). Le taux de couverture est de 73,5 % pour 2017. La MSA a adressé un courrier de sensibilisation à la vaccination aux parents d’enfants de 19 mois non vaccinés (7 259 enfants concernés), rappel qui a déclenché le remboursement de vaccination pour
1 321 vaccins, soit 18,2 % des enfants dont les parents ont été sensibilisés.  

Dépister 

Le cancer du sein. 52,2 % des adhérentes ont participé au dépistage organisé. Participation en baisse par rapport à 2016. Pour le cancer du col de l’utérus, 2039 frottis supplémentaires ont été réalisés. 

Le cancer colorectal. Le dépistage organisé est proposé tous les deux ans aux femmes et aux hommes de 50 à 74 ans ; 32,9 % adhérents y ont participé.  

Le cancer de la peau. La journée annuelle de dépistage est devenue une semaine complète, 276 dermatologues ont reçu 3 806 patients (toutes populations confondues). 

Accompagner 

L’arrêt du tabac. Les Instants santé ont enregistré 1088 entretiens motivationnels ; le dispositif de prise en charge de traitements nicotiniques de substitution (TNS) a augmenté de 155 % ; 22 MSA (contre 19 en 2016) ont mis en place le Déclic stop tabac (ateliers, défis pour initier et soutenir la motivation à l’arrêt). 

L’éducation thérapeutique du patient (ETP). Destiné aux personnes atteintes de maladies chroniques (le diabète par exemple) reconnues en affections longue durée (ALD), le dispositif de la MSA se déroule en deux phases : la formation des éducateurs (18 en 2017) et la réalisation d’un programme de plusieurs séances (diagnostic, éducation, pédagogie – 308 cycles en 2017). 2500 personnes ont bénéficié de cette action. 

Le parcours national santé (PNS). Sur proposition du médecin généraliste, trois consultations avec une diététicienne sont proposées aux personnes de 16 à 74 ans qui connaissent un déséquilibre nutritionnel. 14987 adhérents ont participé à l’une des 1069 séances d’animation nutritionnelle développées notamment aux Instants santé. 

Le bien vieillir. Les ateliers (Bien vieillir, PEPS Eurêka visant la stimulation cognitive) connaissent une hausse de participation de 20%. Une nouveauté : les ateliers Vitalité, participatifs et interactifs, destinés aux personnes d’environ 65 ans et encadrés par des animateurs spécialement formés. 

Les personnes en situation de précarité. 1086 bilans de santé en approche collective ont été réalisés, 43 actions d’initiative locale ont complété le parcours de prévention. 

 

  « Notre leitmotiv : faire des choses utiles.
Nos actions doivent avoir un impact sur la population »

Les précisions de Frédéric Pomykala, responsable du département prévention et éducation sanitaire et sociale (DPESS) à la CCMSA. 

Frédéric Pomykala, responsable du département prévention et éducation sanitaire et sociale à la CCMSA. ©Gildas Bellet/Le Bimsa

Quelles sont les spécificités de la prévention santé à la MSA ? 

Notre action a deux objectifs. Informer, c’est-à-dire faire passer un message fiable, adapté et compréhensible pour favoriser les connaissances sur un sujet, une thématique, un risque. Et mener des actions d’éducation à la santé, qui visent un changement de comportement, par un accompagnement le plus souvent personnalisé. La MSA s’adresse plus particulièrement à des publics spécifiques (personnes en situation de précarité ou éloignées du système de santé) qui sont peu ou pas consommateurs de soins et en lien avec la médecine de ville, qui reste l’actrice incontournable de la prévention dans notre système de santé. La MSA intervient de plus en plus au sein de structures d’exercice coordonné (comme les maisons de santé pluridisciplinaires) avec de nouvelles actions comme l’éducation santé familiale ou le forfait psychologue/diététicien. Notre leitmotiv : faire des choses utiles. Nos efforts se portent donc sur l’évaluation car nos actions doivent avoir un impact sur la population. 

Que retenir du bilan 2017? 

Le premier constat est plus que positif avec une hausse des taux de participation et de la fréquentation à nos actions. Ces taux sont les meilleurs et, encore pour l’année 2017, globalement supérieurs à celui de régime général. Le programme de la MSA est la déclinaison de la stratégie nationale de santé; les résultats, en phase avec la COG (convention d’objectifs et de gestion) 2016-2020.  

Peut-on dégager des champs d’action où la prévention est particulièrement efficace ? 

En matière de couverture vaccinale, les résultats sont bons. Pour la grippe, l’augmentation du taux est constante depuis deux ans. Pour le ROR (rubéole-oreillons-rougeole), après une période de méfiance et la législation du 1er janvier 2018 [rendant obligatoire le vaccin pour les enfants nés après cette date], les résultats s’améliorent. En matière de dépistage organisé, notre priorité est d’y faire venir le maximum de personnes ciblées. L’exemple du dépistage colorectal est significatif car le taux est encore faible. L’impact de nos actions envers les seniors ne faiblit pas depuis une quinzaine d’années avec la mise en place des ateliers Bien vieillir puis des ateliers Vitalité et bientôt Cap bien-être. Les Instants santé, réformés en janvier 2017, sont un dispositif bien implanté, de bonne qualité. Le bilan est prometteur : 70% des gens qui y sont venus réintègrent un parcours de soin. 

Quelle est l’efficacité des outils de relance ?  

Le bon outil, au bon endroit, pour la bonne chose ! Pour les sous-consommants de soins, ils sont indispensables. Le téléphone reste l’outil le plus efficace pour déclencher la démarche de consultation d’un adhérent. Il s’agit d’un entretien personnalisé et motivationnel. Le mail sert à transmettre une information courte (type rappel de rendez-vous). Le courrier formalise le service rendu, nos adhérents y sont très réceptifs. Les comportements ne sont pas les mêmes sur tout le territoire, les outils doivent donc être différents. 

Des premières tendances pour 2018 ? 

L’offre du numérique en santé va être déployée : le Mémo Santé Enfant pour permettre aux parents de suivre au quotidien la santé de leur enfant ou le logiciel Lantichute pour le personnel encadrant des personnes âgées pour diminuer le nombre de chutes. Pour 2018, le premier rendez-vous aux Instants santé va dépasser les 22 000 participants. 2019 sera l’année du lancement du plan nutrition et activités physiques MSA et du nouveau parcours de prévention pour les personnes en situation de précarité. Au niveau de la caisse centrale, nous sommes des acteurs des instances de construction de plan sur différentes thématiques avec le ministère de la Santé. Par exemple, en matière de comportements addictifs (alcool, tabac, jeux vidéo…), nous devons renforcer nos actions sur les territoires notamment auprès des jeunes. 

 

La présence territoriale de la MSA

La maison de santé pluriprofessionnelle de Sancerre. © Alexandre Roger/Le Bimsa

Les actions d’initiative locale (AIL) MSA ­– prévention, éducation et information sanitaire — répondent à des spécificités géographiques et socio-économiques d’implantation. En 2017, 80 AIL, sur 118 dossiers, ont fait l’objet d’un avis favorable ; la dotation était de 407 560 euros. Les actions financées couvrent les thématiques suivantes : la nutrition (forfait psy/diet à Sancerre par exemple), les conduites addictives (Déclic stop tabac dans les structures d’insertion des Jardins de Cocagne et de Laser Emploi), le mal-être (détection et suivi par des psychologues, Agri’Écoute), des actions de sensibilisation et d’éducation à la santé (prévention des chutes, protection contre l’exposition solaire, campagnes de dépistage), préservation de l’autonomie des seniors (ateliers Bien vieillir, Vitalité, etc.). 

Pour en savoir plus : www.bimsa.fr Rubriques : Territoires, Dossier et Enjeux. 

Cécile Mouchel

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