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Christelle Champenois : Sensibiliser au stress

Élections MSA 2015

 

Christelle Champenois, administratrice à la MSA Marne Ardennes Meuse.

Christelle Champenois : « Ma meilleure connaissance de la MSA m’aide dans l’exercice de mon métier, en tant que conseillère en assurance à Groupama. Maintenant, je peux aiguiller les agriculteurs en difficulté vers les services de la MSA ». © Anne Pichot de la Marandais

 

Christelle Champenois est administratrice à la MSA Marne Ardennes Meuse depuis 2010, en tant que représentante des familles de la Marne. Son mari est exploitant agricole (céréales, élevage de vaches allaitantes, vigne et entreprise de travaux agricoles) à Merlaut, dans la Marne. Il est engagé au niveau syndical (secrétaire général adjoint à la FDSEA de la Marne) et professionnel (représentant des éleveurs bovins), et emploie un salarié.

Un emploi du temps chargé qu’elle gère sans… stress

Elle travaille à mi-temps en tant que conseillère commerciale en assurance à Groupama, à Vitry-le-François. Elle est également salariée agricole sur l’exploitation de son mari, où elle a en charge les tâches administratives et la vigne, ce qui ne l’empêche pas de se lever la nuit pour aider son mari en période de vêlage ! Mais elle consacre ses mercredis à leurs trois enfants : « La famille passe toujours en premier. » Avec d’autres parents, elle a « créé une association dans le but de faire la continuité d’un centre aéré qui allait être abandonné ». Une initiative qui a porté ses fruits puisque, depuis 2010, une autre structure « qui fonctionne très bien » a pris la relève. Elle est également membre d’une autre association qui organise des activités (sorties, soirées, après-midis récréatifs pour les enfants…) pour les habitants d’une zone qui regroupe quatre communes. Un emploi du temps chargé – auquel s’ajoutent du jardinage et du bricolage dans la maison – mais qui lui convient et qu’elle gère sans… stress : « Je ne supporte pas de m’ennuyer et, de cette façon, j’arrive à un bon équilibre de vie. »

Les délégués s’impliquent dans les actions mises en œuvre

« Je connaissais un peu la MSA, par mes parents qui sont agriculteurs, par mon mari et par le fait que nous avons des bureaux communs avec elle, mais j’étais loin de connaître l’éventail de ses activités ». En tant qu’administratrice représentante des familles de la Marne, elle n’est pas déléguée de la MSA. C’est pourquoi « j’ai demandé à faire partie de l’échelon local de Vitry-le-François, afin de savoir comment ça se passe à la base ». Ce qui lui a permis de participer à la mise en œuvre de plusieurs actions, comme la vérification générale périodique des engins manuscopiques (chargeurs frontaux et chariots télescopiques) qui est obligatoire. « L’échelon local propose cette vérification une fois par an aux agriculteurs. C’est également l’occasion de leur rappeler certaines règles de sécurité et, pour eux, de discuter avec d’autres agriculteurs. Les délégués s’impliquent dans cette action, en contactant les agriculteurs et en les incitant à y participer. »

Le stress et le suicide sont préoccupants dans le milieu agricole

Autre action à mettre à l’actif de l’échelon local et de son président Jean Lefèvre, mais cette fois dans le domaine des risques psychosociaux, à savoir du théâtre interactif sur un sujet très préoccupant dans le milieu agricole : le stress et le suicide. « Le 14 mars, deux représentations du spectacle Le stress est dans le pré ont été données à Vitry-le-François par la compagnie “Entrées de jeu”. 60 personnes sont venues à celle de l’après-midi et 180 à celle du soir ». Gros succès !

Le principe est le suivant : douze saynètes jouées par deux acteurs permettent d’aborder différents thèmes : la pression des banques, la lourdeur des tâches administratives, les aléas de la météo, la difficulté de partir en vacances… Après une phase d’échanges avec la salle, elles sont rejouées avec des spectateurs qui sont invités à monter sur les planches – épaulés par les deux acteurs qui improvisent – pour donner leur point de vue et construire ensemble des solutions pour améliorer chaque situation. « Ensuite, le public a été invité à partager un moment de convivialité, afin de poursuivre les débats sur les thèmes abordés, ce qui les avait choqués ou dérangés. Les discussions étaient animées. Les assistantes sociales de la MSA étaient présentes pour répondre à certaines interrogations. » Si la MSA a monté cette action avec des partenaires – Groupama, la FDSEA, le Crédit agricole et la mairie – là aussi le rôle des délégués a été important puisque l’échelon local s’est impliqué pour le mener à bien.

Je peux aiguiller les agriculteurs en difficulté vers les services de la MSA

Avec une autre femme d’agriculteur, Christelle Champenois a initié une formation de trois jours à la conduite du tracteur pour six conjointes d’exploitants agricoles : « Elle s’est déroulée sur l’exploitation de mon mari qui a mis à leur disposition deux tracteurs, une benne et une bétaillère. Outre le fait d’aborder les règles de sécurité, d’apprendre à faire certaines vérifications (niveau d’huile, pression des pneus…) et des marches arrière avec un engin attelé, nous avons aussi discuté de la mise à jour du Document unique d’évaluation des risques – il faut en faire un par secteur d’activité. Certaines en ont profité pour parler de leurs soucis, comme dans un groupe de parole. Si bien que cela a créé des liens amicaux entre nous et que nous nous revoyons toutes depuis. »

« Cette meilleure connaissance de la MSA m’aide dans l’exercice de mon métier. Avant, je me limitais à la résolution des sinistres et j’étais démunie face à la détresse de certains sociétaires. Maintenant, je fais le lien avec la MSA et je peux aiguiller les agriculteurs en difficulté vers les services compétents. » Ce souci permanent des autres est ce qui la caractérise.

Alors, prête pour un second mandat à la MSA ? « Si l’Udaf me le demande, je dis oui. L’expérience me plaît. Cinq ans, c’est un peu court. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre. » Elle a découvert la vie de l’échelon local dans lequel elle côtoie « des délégués motivés pour faire comprendre que la MSA n’est pas là que pour prélever des cotisations ».

Anne Pichot de la Marandais

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