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Clotilde Rognon : « le bien-être avant tout »

Élections MSA 2015

Clotilde Rognon, élue du 1er collège, présidente de l'échelon local d'Ornans-Amancey-Besançon Sud (Doubs) MSA de Franche-Comté

Clotilde Rognon, agricultrice dans le Doubs, est élue du 1er collège, présidente de l’échelon local d’Ornans-Amancey-Besançon Sud. © Gildas Bellet

« Nous avons un régime de protection sociale unique, avec le droit d’élire nos représentants, ce qui est énorme ! Dans les autres régimes, il n’y pas d’élus sur le terrain en capacité de discuter avec les assurés de leur système social. Il faut donc le préserver, le défendre et le faire connaître car, à la MSA, nous avons le droit à la parole. Nous, professionnels, devons y mettre du nôtre pour que ça dure. »

Présidente de l’échelon local d’Ornans-Amancey-Besançon Sud (Doubs) depuis 2010, Clotilde Rognon s’est engagée à la MSA il y a une vingtaine d’années, d’abord pour « en connaître les rouages ». Elle mène de front, avec enthousiasme et passion, une activité professionnelle très prenante, une vie familiale et sociale bien remplie et s’implique à fond dans son rôle d’élue.

C’est le client qui vient à la maison

« Mariée, mère de quatre enfants et grand-mère de huit petits-enfants, je suis agricultrice sur une exploitation caractéristique de l’agriculture locale : la production de lait. Jusqu’en 1998, mon mari et moi avions une exploitation familiale. Puis nous avons constitué un Gaec avec nos deux fils. Afin de dégager un revenu suffisant pour tous, et comme nous ne pouvions nous agrandir, nous avons fait le choix de la diversification. Une partie de notre lait est travaillée sur place et nous avons ouvert un magasin de vente. Nous ne faisons pas de marchés, c’est le client qui vient à la maison. C’est prenant car il faut assurer la présence à la boutique en plus de l’activité liée à l’exploitation laitière, mais c’est plus enrichissant. »

La fréquence des contacts au magasin, les rencontres avec des clients de tous horizons confortent Clotilde Rognon dans le choix d’ouverture vers l’extérieur qu’elle et sa famille ont fait. « C’est à cause de la solitude sur nos exploitations que les gens vont mal. En partageant les tâches chez nous, chacun agit pour que l’autre puisse faire autre chose que son métier et qu’il vive ses passions. Dans la famille, nous avons tous des activités à l’extérieur : mon fils fromager est membre de jury à l’école nationale de laiterie, mon fils agriculteur fait quant à lui partie du jury au niveau national pour le concours de labours. Ces activités sont des ballons d’oxygène. »

Préserver la santé au travail

Il était tout naturel que Clotilde Rognon imprime son mandat d’une forte dimension sociale et humaine. « C’est peut-être ma sensibilité de femme qui fait que j’y attache une importance particulière », précise-t-elle.

« En janvier 2013, nous avons mis en place une action de préservation de la santé au travail, avec l’aide d’un médecin de la MSA. La rencontre a eu lieu sur une exploitation laitière ; le producteur a installé un plancher mobile dans la salle de traite, ce qui permet de l’adapter à la taille des différents trayeurs. Auparavant, son épouse travaillait sur la pointe des pieds et les bras en l’air, ce qui lui a valu des problèmes de santé. Il a été très facile de mobiliser des agriculteurs sur ce sujet.

Les participants se rendent sur l’exploitation pour des explications pratiques

Après un exposé théorique en salle, les participants se rendent sur l’exploitation pour des explications pratiques. © MSA de Franche-Comté

« Nous avons fait venir des représentants du Sameth [Service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés] qui ont expliqué les possibilités d’accompagnement et de financement pour des aménagements lorsque les exploitants sont confrontés à un handicap. Des contacts fructueux ont pu être pris à cette occasion et trois personnes en souffrance ont trouvé une solution afin de poursuivre leur activité. »

Le stress, objet de toutes les attentions

Un questionnaire a ensuite été adressé aux participants pour savoir quels prolongements ils en souhaiteraient : « une rencontre spécifique sur le mal de dos a été proposée, une autre sur le stress et nous avons aussi invité les agriculteurs à nous faire part de leurs propres idées ». La réponse majoritaire a concerné le stress au travail.

« Nous nous sommes de nouveau mobilisés, avec l’animatrice de l’échelon local, Isabelle Bocquenet, et le concours de deux médecins de la MSA. Pour bien cibler les interventions, nous avons recueilli les interrogations des adhérents autour de trois thématiques : vie professionnelle, vie familiale et vie sociale. »

En décembre 2013, c’est sur le thème « la gestion du stress : le connaître, prévenir et agir » que l’échelon local a organisé une nouvelle rencontre, « afin d’échanger autour de questions relatives à la surcharge de travail, aux difficultés rencontrées pour associer sereinement vie familiale et professionnelle, et de proposer des explications, des orientations ou encore d’aborder des points difficiles comme la crise suicidaire ».

Une initiation à la relaxation

Et l’échelon local ne s’est pas arrêté en si bon chemin. « Des ateliers ont ensuite été imaginés, toujours après le recueil de l’avis des participants : initiation à la relaxation, relations interhumaines, organisation du travail dans les Gaec. » Le premier a recueilli le plus de suffrages et un groupe de 30 personnes s’est constitué grâce à des annonces par voie de presse mais aussi grâce à l’opiniâtreté de Clotilde Rognon, qui a pris des contacts avec les organismes para-agricoles (inséminateurs, contrôleurs laitiers, agents du service de remplacement) pour compléter le groupe.

Certains agriculteurs ont été dubitatifs sur le fait que la MSA propose une initiation à la relaxation et n’ont pas manqué d’en faire part à Clotilde Rognon. Ce à quoi elle rétorque, fidèle aux choix qu’elle a faits, qu’« il faut prendre le temps de souffler, de s’accorder du temps pour soi, de rencontrer les autres – car on n’en est ensuite que plus efficace. Il faut s’octroyer des loisirs et avoir une tête bien faite pour supporter le stress de notre profession ».

Un débat entre agriculteurs et consommateurs

À l’automne, lorsque les travaux agricoles seront moins prenants, les autres ateliers se mettront en place. Pour accueillir des participants particulièrement concernés, Clotilde Rognon, qui vient juste de participer à l’assemblée générale du service de remplacement, pense qu’il sera judicieux de se rapprocher de celui-ci car il connaît bien les besoins des gens auprès desquels il intervient. D’ailleurs, rendez-vous est déjà pris pour en parler !

Autre projet qui lui tient à cœur : travailler sur la place de l’agriculture (et de l’agriculteur) dans notre société. « Les gens que je rencontre au magasin, alarmés par les scandales alimentaires, inquiets de la malbouffe, sont en demande d’information et questionnent beaucoup. Pourquoi pas un débat entre agriculteurs et consommateurs ? » Si, grâce à la vente de ses produits dans son magasin, elle souligne que son activité est « reconnue », Clotilde Rognon pense néanmoins que l’agriculture a tout intérêt à communiquer, à faire connaître.

Vente de fromages et produits laitiers au Gaec Rognon (Doubs)

Vente de fromages et produits laitiers au Gaec Rognon (Doubs). © Gildas Bellet

D’ailleurs, à chaque initiative lancée par l’échelon local, elle prend contact avec les médias locaux – France 3, France Bleu, L’Est Républicain, La Terre de chez nous. « Je mets le maximum sur la communication. Tous ont parlé de la MSA et fait découvrir un organisme qui bouge. »

 

Lire aussi

Article sur la journée de réflexion sur « l’homme et la préservation de sa santé au travail » organisée par l’échelon local d’Ornans-Amancey-Besançon Sud.

En savoir plus sur la fromagerie du Gaec Rognon.

Gildas Bellet

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