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« Concertation et territoires »

© Patrice Maurein / CCMSA Images

Il a pris les rênes de la CCMSA le 1er octobre, avec le guichet unique, la démocratie et l’organisation décentralisée autonome en fers de lance.

François-Emmanuel Blanc, directeur général de la CCMSA

Pourquoi la MSA ?
C’est à la fois un choix de cœur et une démarche de conviction pour un modèle d’avenir ! Avec son guichet unique, son système démocratique et son organisation décentralisée autonome, la MSA est une fabrique de la cohésion sociale et territoriale. Ces principes fondamentaux, je m’en suis plusieurs fois inspiré tout au long de ma carrière ! Quand j’ai dirigé la caisse primaire centrale d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône dans une approche territoriale de la gestion du risque. Puis lors de la création de l’ARS Poitou-Charentes, dont le leitmotiv était concertation, coordination et territoires, pour promouvoir la fluidité des parcours de santé dans chaque bassin de vie.

En ligne de mire, toujours la proximité ?
Nous sommes des assembleurs de services de proximité. C’est déjà le cas pour nos missions de service public : en accompagnant nos adhérents tout au long de leur vie, pour la santé, la famille, la retraite, nous donnons pleinement son sens à notre organisation interbranche au bénéfice de la personne dans sa globalité. C’est également le cas dans l’offre complémentaire du groupe MSA, telle que les services aux personnes âgées ou aux familles (aide à domicile, téléassistance, portage de repas, transport de personnes…), les services aux entreprises (formation…) et aux collectivités (études de besoin, accompagnement au développement de Marpa…), mais également dans les services innovants.

« Nous sommes des assembleurs de services de proximité. »

Ce qui exige une bonne connaissance des territoires !
Le commissariat général à l’égalité des territoires a identifié les différents types de campagnes françaises : celles des villes, du littoral et des vallées urbanisées ; les campagnes agricoles et industrielles ; et les campagnes vieillies à très faible densité. Le groupe MSA doit s’efforcer de développer une offre de services différenciée et personnalisée en fonction de la typologie du territoire. Nous possédons nativement l’organisation de la démocratie : c’est une chance fondamentale. Ne la détricotons pas ! Au contraire, nous devons densifier le rôle des élus, leur apporter toute la puissance des outils développés pour l’animation du réseau et les rendre encore plus performants dans leur rôle d’animateurs et de relais, d’ambassadeurs et de collecteurs des besoins de la ­population sur les territoires.

Y compris avec un nombre restreint d’élus ?
Le passage de 24 000 à 16 000 délégués aux prochaines élections de 2020 permet le maintien d’une densité qui nous autorise encore à faire de belles choses. Le conseil central va réfléchir aux outils qui seront nécessaires : le numérique, la formation, peut-être un peu de professionnalisation, des évolutions de cette nature. Ce n’est pas à moi de le dire. Cependant, nous avons besoin de personnes qui portent le bien commun et les valeurs de la MSA. Les mobiliser, c’est compliqué ! Nous accompagnerons ceux qui sont volontaires et leur donnerons tous les moyens pour bien fonctionner.

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François-Emmanuel Blanc s’est rendu au sommet de l’élevage le 5 octobre. ©Camille Meunier/MSA Auvergne

Et du côté des caisses, quel projet ?
Une organisation qui produit des services doit elle-même avoir une organisation congruente à la variété du système sur lequel elle intervient : la décentralisation, l’autonomie, les initiatives locales sont la meilleure manière de traiter les sujets territoriaux. Selon moi, il n’y a pas de débat pour déterminer si la caisse centrale doit ou non devenir une caisse nationale. L’important c’est la cohésion, le projet et la satisfaction de la population. Le seul juge de paix, c’est la qualité et les résultats.

Il sera peut-être nécessaire de continuer les économies d’échelle sur le système de production, sur le back office. Pour les services de proximité, nous visons aussi la numérisation, surtout pas la déshumanisation ! D’ailleurs, je ne pense pas que ce serait le projet français. Mais en tout état de cause, l’harmonisation des résultats entre les caisses sera au centre de mes préoccupations.

Le tout dans un cadre budgétaire toujours plus contraint !
La logique d’efficience est présente partout mais je resterai très vigilant. Il y a sans doute une limite au-delà de laquelle nous changerions de modèle. Or la population française a un besoin énorme d’identité personnelle. La protection sociale, spécialement sur les territoires, est une chance parce qu’elle répond à ce besoin de référence identitaire. J’aime beaucoup la signature de la MSA, l’essentiel et plus encore. Pour ma part, je rajoute que « pour l’essentiel je choisis mes racines », car nous avons tous un lien avec les territoires dans nos familles. Et nous n’avons pas le droit de détruire ce qui a toujours été le dernier recours en cas de crise : les territoires ruraux. La volonté de construire un régime universel n’implique pas la notion d’opérateur unique. Nous avons la capacité d’aller au-delà de notre périmètre, d’apporter un service aux territoires et pas seulement à nos ressortissants.

Franck Rozé

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