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Des clés pour la santé des adolescents La MSA avec les familles (2/6)

© Marie Molinario / Le Bimsa

Bien vivre et bien grandir en milieu rural, c’est l’objectif que s’est fixé la MSA Poitou, ex-Sèvres-Vienne, à travers les programmes d’actions de ses chartes. Exemple avec ce projet de prévention santé auprès des jeunes Gâtinais, dans les Deux-Sèvres.

« Ce sont de vraies capotes ? », demande le garçon à ses parents, alors qu’ils s’amusent à résoudre les énigmes de l’escape game « Sex’ Lab’ ». Préservatifs, stérilets, testostérone… Le couple et ses deux enfants sont entrés dans le jeu l’esprit ouvert. Et c’était bien là l’ingrédient principal de cette journée spéciale « Les jeunes s’en mêlent et s’expriment » organisée à Parthenay.

Le 2 juin, à l’occasion du festival de théâtre et des arts de la rue « Ah ? », la MSA, l’Agora-MDA(1), le centre socio-culturel de l’Airvaudais-Val du Thouet et de nombreux partenaires ont réussi à porter un sujet de prévention santé de façon ludique, entre improvisation théâtrale, conférence participative, stand d’information et jeux d’évasion grandeur nature.

Les jeux d'évasion ont eu un grand succès.Des participants au Sex’ Lab’ cherchent un indice sur des préservatifUne recette de petit chimiste un peu spécialeLa mère et son fils tentent de répondre aux devinettes.Un travail d'équipe pour trouver la sortie!
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Une action réussie qui vient clôturer une semaine de prévention « vie affective, sexualité & médias » auprès des collèges et lycées du territoire des communautés de communes de Parthenay-Gâtine, et Airvaudais-Val du Thouet. Toutes deux ont en effet signé une charte territoriale « Bien vivre et bien grandir en milieu rural », initiée en novembre 2015 par la MSA Poitou, et intégrée au dispositif des chartes avec les familles, développées par la CCMSA en 2017.

« Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous n’imaginions pas en arriver à une journée comme aujourd’hui, construite avec l’ensemble des partenaires, avoue Stéphane Ayrault, directeur du centre socio-culturel de l’Airvaudais et du Val du Thouet. Il a fallu du temps, un temps qui a été bénéfique, avec la volonté de travailler ensemble sur des bases égalitaires, et c’est ça qui est intéressant. Ce projet traduit notre capacité à nous organiser ensemble et à rayonner au-delà de nos limites habituelles. » Un processus de développement local qui permet, dans un premier temps, de dresser, avec tous les acteurs, un état des lieux des forces et des manques du territoire.

Les participants ont pu profiter des spectacles du festival Ah? tout au long de la journée du 2 juin. © Marie Molinario / Le Bimsa

Les résultats de ces diagnostics partagés, diffusés en février 2016, ont ainsi fait apparaître plusieurs besoins, notamment sur l’accueil des adolescents, leur mobilité, la prévention et l’éducation à la sexualité, ainsi qu’une méconnaissance des risques liés aux réseaux sociaux. Cinq commissions de travail ont été créées, sur les thèmes de l’enfance, la jeunesse, la famille, la mobilité et la communication, qui ont rassemblé de nombreux acteurs politiques et associatifs, tout en s’intégrant aux différents dispositifs en cours dans les territoires, comme le contrat local de santé de Gâtine et le programme Investissement Avenir « les jeunes s’en mêlent » de l’association Bocage Gâtine jeunesse, qui poursuivent les mêmes objectifs.

« Pour que cela fonctionne, il fallait être d’accord sur les mêmes problématiques, trouver un objectif commun, explique Frédéric Bouet, coordinateur de l’association Agora-MDA. La MSA a entretenu la mayonnaise, car il ne faut pas que cette dynamique retombe. » « Je pense qu’elle va continuer, car les acteurs qui ont travaillé sur ce temps fort du 2 juin le réclament déjà, continue Karine Geron, conseillère sociale de territoire à la MSA Poitou. Et il y a déjà plein d’idées. Ça a été un projet audacieux mais tout le monde y a cru, y compris l’Éducation nationale qui souhaite continuer les séances de ciné-débat dans les collèges. On voit bien qu’on répond à une problématique. »

Pas de réponse toute faite

Le 2e escape game, Look at me, a été créé par des élèves de 3e du collège Voltaire à Airvault, avec l’aide du Point animation jeunesse. Objectif : sensibiliser sur la télé-réalité et ses effets sur l’image de soi.

En effet, en 2017, un plan d’action sur le thème de la prévention santé des jeunes en Gâtine est lancé et, dès le mois de septembre, des cinés-débats et dîners-quiz sont programmés pour échanger sur la santé, la sexualité, le harcèlement, le handicap ou encore les relations familiales. 225 adolescents y ont participé. Objectif : favoriser le bien-être des jeunes vivant en milieu rural, en repositionnant la santé comme un capital à entretenir et à préserver. Des formations pour les professionnels ont également été organisées. Point d’orgue d’une année scolaire riche en échanges : la semaine du 28 mai au 2 juin 2018, ponctuée par des représentations de la pièce de théâtre « L’amoureux » de la compagnie « Ça va s’en dire » dans les établissements scolaires, et clôturée par la journée forum du 2 juin à Parthenay.

Outre la présence de partenaires comme le planning familial ou l’Ireps(2), les organisateurs ont invité Yaëlle Amsellem-Mainguy, sociologue chargée d’étude et de recherche sur les sujets de santé, prévention et bien-être des jeunes à l’Injep(3) et son équipe — Arthur Vuattoux et Modeste Dagan —, accompagnés par les comédiens d’Aline & Cie pour une conférence participative originale. Ils sont venus partager les premiers résultats de leurs recherches, qui leur ont permis d’interroger des jeunes sur leur rapport à la sexualité et la vie affective, à l’heure des réseaux sociaux.

Leur projet se concentre sur les usages d’Internet dans ce domaine chez les femmes et les hommes de 18 à 30 ans vivant en France métropolitaine, sujet qui a manque d’enquêtes sociologiques alors qu’il a engendré de profondes mutations sur l’éducation à la sexualité et à la vie affective. Un jeu de questions/réponses/argumentations avec le public a animé la place du Drapeau pendant une heure, entrecoupé d’improvisations théâtrales résumant avec humour les échanges.

Les trois chercheurs lancent les questions/réponsesLe public joue le jeuPlace au débat mouvant : pour à droite, contre à gaucheLes sociologues aident les participants à trouver des argumentsLe débat animent les plus jeunes dans la bonne humeur!Les comédiens se mettent dans la peau d'adolescents
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Pornographie, sexisme, place des parents, de l’école, des amis ou d’Internet… les chercheurs font tomber les idées reçues, engagent le débat et montrent qu’il n’y a pas de réponse toute faite pour des expériences et des émotions propres à chacun. « Il n’y a pas une seule bonne source d’information, ni un seul et bon âge. C’est un processus, une progression, une accumulation de personnes ressources, des rencontres ou d’escape game ! Qui vont permettre à chacun et chacune de pouvoir faire son expérience et se construire au fur et à mesure. »

 

(1) Maison des adolescents.
(2) Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé.
(3) Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, ministère de l’Éducation nationale.

 

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Marie Molinario

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