Imprimer cet article Envoyer cet article

Dix ans de coopération en Tunisie L'action de la MSA en Tunisie (1/2)

 

Siège de la CNSS à Tunis

Au siège de la CNSS (caisse nationale de sécurité sociale) à Tunis, a eu lieu mi-décembre 2012 une rencontre pour marquer dix années d'étroite coopération avec la MSA. © Gildas Bellet

La première convention de coopération entre la MSA et la caisse nationale de sécurité sociale de Tunisie date de 2002. Depuis, et malgré les récents tumultes qu’a connus le pays, la collaboration entre les deux organismes ne s’est jamais interrompue. Mi-décembre 2012, à Tunis, les protagonistes sont revenus sur ces pages d’histoire commune. Petit voyage dans le temps.

Les partenaires ont saisi l’occasion de la tenue, en décembre, du comité de pilotage annuel destiné à faire le point sur le partenariat, au siège de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à Tunis, pour célébrer le dixième anniversaire de leur coopération, en présence d’Hafedh Lamouri, président-directeur général de la CNSS, et de Gérard Pelhate, président de la MSA.

Une centaine de personnes impliquées en 2012

Une année 2012 « intense en échanges puisque, outre ce comité de pilotage, sept missions ont été effectuées, précisait Claudine Faure, vice-présidente de la CCMSA, qui suit l’ensemble des projets de la MSA en Tunisie. Elles ont impliqué la participation de près d’une centaine de personnes côté français et tunisien. […] Je note que cette année remarquable succède à une autre qui avait été marquée par la révolution en Tunisie. Cela avait posé incidemment à notre projet un petit défi en termes d’organisation, défi que nous avions cependant, de part et d’autre, su relever. »

Malgré les remous suscités par la révolution, le programme de travail a pu, avec certains ajustements en termes de timing, être respecté. La coopération au cours de l’année écoulée a fait l’objet d’une synthèse à deux voix par Hager Mili, responsable de la direction des relations internationales à la CNSS, et Olivier Colin, responsable de la mission des relations européennes, internationales et de la coopération à la CCMSA. Un programme d’activités qui a porté sur l’évolution du système d’information, le conseil en protection sociale aux entreprises, la gestion des comptes assurés et cotisants, la relation téléphonique et les plateformes de services. Sur chacun des points, la mobilisation des équipes de la CCMSA, des MSA (en 2012 : Ain-Rhône, Auvergne, Berry-Touraine, Côtes-Normandes, Île-de-France), des services informatiques (Citimam, Agora, Armonia) a permis de présenter aux experts tunisiens la démarche et les choix mis en œuvre par l’institution.

Echanges bilatéraux et jumelage institutionnel

Au fil de ces dix années de coopération, les échanges se sont faits de plus en plus pointus. À l’origine, en 2002, trois axes avaient été définis : améliorer le taux de couverture sociale des professions agricoles, augmenter la qualité des services en développant des relations de proximité entre la caisse nationale de sécurité sociale de Tunisie (CNSS) et ses adhérents, moderniser la gestion notamment par l’évolution du système informatique…

Gérard Pelhate, président MSA, et Hafedh Lamouri, pdg de la CNSS.
Gérard Pelhate, président MSA, et Hafedh Lamouri, pdg de la CNSS.
Olivier Colin, Hager Mili et Claudine Faure.
Olivier Colin, Hager Mili et Claudine Faure.
Dix ans de coopération retracés par Hager Mili et Olivier Colin.
Dix ans de coopération retracés par Hager Mili et Olivier Colin.
Sonia Ben Alaya a présenté le volet informatique de la coopération.
Sonia Ben Alaya a présenté le volet informatique de la coopération.
Point sur le futur centre de contact de la CNSS, avec Haifa Damdoum.
Point sur le futur centre de contact de la CNSS, avec Haifa Damdoum.
Quelques responsables de la CNSS, acteurs de la coopération.
Quelques responsables de la CNSS, acteurs de la coopération.
NextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnail

 

En une décennie, un travail important a ainsi été accompli dans le cadre d’échanges d’expertises bilatérales pris en charge par l’ambassade de France en Tunisie et, pour la période 2007-2009, d’un jumelage institutionnel, financé par l’Union européenne. Un jumelage dont l’objectif était d’« appuyer la CNSS dans ses efforts visant l’extension de la couverture sociale effective aux populations non couvertes dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de l’artisanat et des petits métiers, a précisé Hager Mili. Le déroulement du jumelage s’est étalé sur 20 mois, avec la participation de 85 experts tunisiens, 13 experts français dont 11 de la MSA, 5 experts espagnols et 2 britanniques » (voir l’article publié dans Le Bimsa de janvier 2009). À l’issue de celui-ci, pas question de s’arrêter en si bon chemin et la coopération bilatérale a donc repris, pour continuer de répondre à l’évolution des besoins de la CNSS.

Pour retracer la richesse de cette coopération, trois experts tunisiens de la CNSS ont rendu compte de réalisations particulièrement significatives et marquantes nées des échanges entre les deux organismes.

Travail très riche sur le système d’information

Sonia Ben Alaya s’est attachée à décrypter tout le volet informatique, objet de nombreuses concrétisations, notamment la mise en place d’un intranet et l’assistance à la réalisation du schéma directeur informatique (2002-2003), la mise en œuvre du schéma directeur et migration et la refonte technique des applications des bureaux régionaux (2004-2005), l’évolution de l’architecture du réseau (2006), la constitution d’un fichier repère et d’un réseau de proximité sur quatre territoires test (entre 2007-2009, dans le cadre du jumelage). Depuis, les actions dans le domaine informatique se poursuivent pour accompagner l’évolution générale du système d’information de la CNSS.

Leila Naija, quant à elle, a radiographié les procédures de recouvrement de la MSA et fait le point sur les mesures qu’a décidé d’adopter la CNSS après cette réflexion sur le système mis en place du côté français. Elle a en outre mis en exergue les thèmes nécessitant de nouvelles réflexions et un appui de la CCMSA –  notamment pour l’élaboration de bonnes pratiques ou la mise en place d’un observatoire national du recouvrement.

Troisième experte à prendre la parole, Haifa Damdoum est intervenue sur un projet de mise en place d’un centre de contact au sein de la CNSS. Celui-ci aura pour objet de réorganiser et d’améliorer le fonctionnement des services d’information et d’assistance proposés aux clients – cotisants, assurés, pensionnés. Cap sur une modernisation des relations entre les ressortissants et l’administration avec, à la clé, une professionnalisation, une meilleure maîtrise de l’accueil, la régularisation de la charge de travail dans les centres d’accueil. Inspiré des plateformes de services, ce centre de contact généraliste, dont le déploiement sera progressif, devrait disposer d’une unité spécialisée cotisants. Là encore, a-t-elle signalé, « l’expertise de la MSA est importante et la coopération serait intéressante ».

Une expérience adaptée aux spécificités du pays

On observe des similitudes avec les réflexions qu’a conduites ou que poursuit la MSA pour coller à l’évolution de son environnement : qualité de service, optimisation de la gestion, structuration d’un réseau de proximité avec les adhérents… « De cet intérêt à échanger sur nos approches mutuelles, découle tout un travail technique, que se sont appropriées les équipes de la CNSS, enthousiastes et volontaristes », a souligné Gérard Pelhate, pointant « l’enrichissement mutuel et l’établissement de liens de confiance » né de ces cogitations communes.

S’il y a similitude, il n’y pas pour autant simple transposition : « L’expérience française est proche, a précisé Hafedh Lamouri, mais il nous faut l’adapter à nos spécificités socio-économiques et culturelles. La volonté de profiter de la valeur ajoutée que cette coopération engendre existe mais la mentalité de la population doit encore évoluer. Les Tunisiens, par exemple, n’ont peut-être pas encore confiance dans les formules de télépaiement ». C’est ainsi qu’ils viennent régler ce qu’ils doivent en espèces dans les bureaux régionaux. « Il est nécessaire de mener des campagnes de sensibilisation auprès des assurés sociaux et des employeurs et, parallèlement, poursuivre notre effort à la CNSS pour moderniser encore la gestion, en l’informatisant. Bien sûr, cela a un coût mais l’informatisation s’impose dans un contexte où la Sécurité sociale en Tunisie souffre d’un déséquilibre important, et qui s’aggrave. »

Le président directeur général de la CNSS a précisé qu’il attachait une « grande importance à l’idée de la création de la fonction de conseiller personnalisé, très proche de l’entreprise, et à celle de la plateforme téléphonique ». Des pistes de travail – aux côtés du recouvrement, du contentieux, de la dématérialisation des dossiers pour aller vers le « zéro papier » – pour la poursuite, dès 2013, de la coopération entre la CNSS et la MSA.

 

lire aussi

Tunisie : un partenariat pluriel. La coopération concerne aussi le développement social local ou encore la santé-sécurité au travail.

Etendre la couverture sociale en Tunisie. La généralisation de la couverture sociale est un objectif affiché des pouvoirs publics tunisiens. Pour l’accompagner dans ce challenge, un jumelage, financé par l’Union européenne, s’est mis en place avec la Tunisie sur la période 2007-2009.

Gildas Bellet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *