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Double casquette Journée nationale MSA à Marseille (4/7)

Des délégués MSA, également élus territoraux, ont apporté leur témoignage lors de la table ronde : quels impacts de la réforme pour la MSA ? © Thierry Borredon/CCMSA Image

Des délégués MSA, également élus territoriaux, ont apporté leur témoignage lors de la table ronde : « quels impacts de la réforme pour la MSA ? » © Thierry Borredon/CCMSA Image

De nombreux délégués MSA sont aussi élus de collectivités territoriales. Complémentarité des engagements, avis sur la réforme territoriale… Le regard de quelques-uns d’entre eux.

Guy Crosnier,

administrateur MSA Île-de-France, 1er collège, maire de La Forêt-Sainte-Croix, conseiller départemental de l’Essonne, vice-président de la communauté d’agglomération du sud Etampois.

Guy Crosnier, administrateur MSA de l’Île-de-France, 1er collège, maire de La Forêt-Sainte-Croix, conseiller départemental de l’Essonne, vice-président de la communauté d’agglomération du sud Etampois

© Thierry Borredon/CCMSA Image

Les départements de la grande couronne de l’Île-de-France ont pratiquement deux tiers de leur territoire en zone rurale, une spécificité que l’on oublie souvent. C’est dans l’Essonne que je suis agriculteur et maire de mon village de 160 habitants depuis 2001.

Je me suis d’abord engagé sur un plan professionnel, ce qui m’a fait aussi m’investir pour la chose publique. Puis j’ai été élu à la commune et au département où une vraie fracture existait entre l’urbain et le rural. J’avais à cœur de rétablir une certaine équité. Les deux fonctions d’élu MSA et d’élu territorial sont complémentaires, notamment quand on s’occupe d’action sociale au niveau du département et à la MSA.

Quant à la réforme territoriale, elle ne s’est pas faite dans une concertation très élargie ; nous avons été mis devant le fait accompli, avec la désagréable impression qu’auparavant, on ne faisait pas bien les choses. L’avantage de la loi Notre (nouvelle organisation territoriale de la République) est de faire le tri pour éviter les compétences en doublon – c’est le seul que je vois à ce texte. Mais la prise de compétences par les uns par les autres n’a pas été compensée par des moyens pour les mettre en œuvre. Pour le reste, on perd en proximité, on éloigne l’habitant du décideur.

Les agriculteurs et salariés agricoles doivent être plus présents sur les territoires, se présenter lorsqu’il y a des élections. Pour défendre les vraies valeurs de nos territoires, il faut s’investir.

 

Isabelle Goré-chapel,

déléguée MSA d’Armorique, 2e collège, conseillère départementale des Côtes-d’Armor et première adjointe de Merdrignac

Isabelle Goré-Chapel, déléguée MSA d’Armorique, 2e collège, conseillère départementale des Côtes-d’Armor et première adjointe de Merdrignac

© Thierry Borredon/CCMSA Image

Merdrignac enregistre un fort taux de population agricole avec 18 % d’agriculteurs. Lorsque mon binôme et moi (lui fait dans le porc, moi dans la vache – idéal pour discuter agriculture au sein du département !) nous sommes présentés aux élections départementales en 2015, nous avions envie de défendre les idées agricoles et le monde rural. Comme nous sommes élus locaux, nous connaissons bien les problématiques locales. On discute certains sujets à la MSA. Ensuite, on se dit qu’ils sont peut-être à voir avec la région, avec le département, avec les intercommunalités. Il faut agir en complémentarité en ne se lançant pas tous sur les mêmes questions.

Il est compliqué de s’y retrouver dans les échelons et les compétences car des changements ont eu lieu partout presque en même temps avec les lois Notre, Alur, Maptam… Celles-ci ont refondé le paysage de l’ensemble des collectivités et ce qu’elles faisaient. Reste que, dans le cadre de notre intercommunalité (52 000  habitants, 42 communes), nous avons demandé à conserver nos pôles de proximité… à proximité justement – pour parler d’action sociale, de rénovation par exemple.

Parmi les créneaux qui pourraient être plus investis par la MSA, je pense aux actions auprès des jeunes actifs pour leur faire connaître le régime agricole. Il faut aller dans les collèges, sensibiliser pour expliquer ce qu’il apporte. À l’institution de s’appuyer sur nous, élus locaux, pour promouvoir les actions, aller à la rencontre des centres communaux d’action sociale, des agriculteurs, des jeunes…

 

Sophie Signolle-Collet

administratrice MSA Marne Ardennes Meuse, 3e collège, conseillère municipale d’Avize et conseillère départementale de la Marne

Sophie Signolle-Collet, administratrice MSA Marne Ardennes Meuse, 3e collège, conseillère municipale d’Avize et conseillère départementale de la Marne

© Thierry Borredon/CCMSA Image

Mon engagement est une longue histoire qui a commencé il y a environ 25 ans. Je représente le monde viticole et me suis d’abord engagée à la commission des viticultrices de Champagne puis à la MSA – pour comprendre ce qui se passait dans cette maison-là, pour savoir où allaient nos cotisations –, à la chambre d’agriculture et enfin au département. Ma motivation était liée à des préoccupations professionnelles, en lien avec l’activité que j’exerçais sur un territoire couvrant 18 villages viticoles et la moitié d’Épernay. 

En France, la communication est souvent insuffisante entre les organismes qui veulent finalement un peu tous la même chose, mais le font différemment. Alors, on perd  du temps.

La réforme territoriale, c’est parfois frustrant ! Je prends l’exemple du transport scolaire. La loi a transféré la compétence pour les transports à la région. La première chose que celle-ci a faite : l’établissement d’un bureau délocalisé dans la Marne. Les six personnes qui s’occupaient auparavant du transport scolaire au département ont été transférées et dépendent maintenant de la région. Si c’est ce type de changement que la réforme propose, je ne vois pas trop la différence…

 

Thierry Manten,

premier vice-président de la CCMSA, de la MSA de Picardie, 2e collège, maire de Sailly-le-Sec, dans la Somme

Thierry Manten, Premier vice-président de la CCMSA, de la MSA de Picardie, 2e collège, maire de Sailly-le-Sec, dans la Somme

© Thierry Borredon/CCMSA Image

J’ai été délégué cantonal en 1999 et administrateur MSA de la Somme où j’ai assuré par alternance la présidence de l’action sanitaire et sociale. Parallèlement, je suis conseiller municipal depuis 1995 et j’ai été élu maire d’une commune de 375 habitants en 2001.
Il y a une complémentarité dans ces engagements. J’ai tout de suite compris l’intérêt du social aussi bien du côté de la MSA qu’au niveau des territoires ruraux. Les petites communes rurales se sentent délaissées et sont confrontées à de gros problèmes ; ceux des agriculteurs et des salariés de l’agriculture qui, en ce moment, souffrent aussi beaucoup. Les services de la MSA font un boulot extraordinaire de diagnostic et d’expertise que nous pouvons utiliser pour mettre en place différents services. Il y a une osmose relationnelle pour discuter des problèmes ensemble et agir. De quoi souffre-t-on sur les territoires ruraux ? D’isolement, du vieillissement de la population, de la précarité. Avec d’autres, on peut apporter des solutions, des services.

Pour autant, avec la réforme territoriale, l’intérêt d’être maire d’un petit village n’est plus le même. Aujourd’hui, nous servons simplement de relais, de courroie de transmission vis-à-vis des autres. C’est frustrant car nous avons l’impression qu’on nous laisse seulement nous charger de l’entretien des communes. Mais le premier contact pour les habitants, c’est d’abord la commune et son maire.

 

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