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Ensemble, avec les seniors

L’action sanitaire et sociale du réseau MSA et des représentants des deux autres régimes réunis autour d’une cause nationale - © Christophe Gatschiné

L’action sanitaire et sociale du réseau MSA et des représentants des deux autres régimes réunis autour d’une cause nationale – © Christophe Gatschiné

Le 22 mai, 170 élus, agents de direction et responsables de l’action sanitaire sociale, ont participé à la journée de l’ASS sur « Le positionnement et l’offre de la MSA en matière de préservation de l’autonomie autour du Bien vieillir ». Un rendez-vous et un enjeu interrégimes (Cnav, MSA et RSI).

Dans le rapport Monalisa (préconisations pour une Mobilisation nationale contre l’isolement social des âgés) remis en juillet 2013 à Michèle Delaunay, alors ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie, Jean-François Serres, secrétaire général des petits frères des Pauvres, estimait à 1,2 million le nombre d’individus de plus de 75 ans en situation « d’isolement relationnel ». Une solitude qui constitue un facteur majeur d’accélération de la perte d’autonomie. Et un défi global (économique, social et culturel) d’adaptation de la société au vieillissement, « d’une politique de besoins à une prise en compte des droits et des devoirs », selon Bernadette Veysset-Puijalon, l’anthropologue invitée ce 22 mai.

Désormais porté par Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de ces questions auprès de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, le projet de loi sur l’autonomie des personnes âgées a été présenté en conseil des ministres le 3 juin. Il doit être débattu au Parlement à la rentrée. « Un texte sur lequel le comité d’action sanitaire et sociale, et le conseil central de la CCMSA, ont émis un avis favorable, car il met l’accent sur la prévention, en considérant que l’avancée en âge est avant tout une chance pour notre société », rappelle Gérard Pelhâte, président de la MSA, avant de préciser qu’il « inscrit aussi dans la loi, les missions de l’action sociale des caisses de retraite, dès lors qu’elle est coordonnée en interrégime, ce qui constitue la validation de la stratégie commune engagée dès 2011 et de façon volontariste par la MSA, la caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) et le régime social des indépendants (RSI) ».

Des « événements concordants », selon Michel Fine, président du comité d’action sanitaire et sociale de la caisse centrale, qui donnent l’occasion à la MSA d’accueillir, pour la première fois lors de cette rencontre annuelle, « nos collègues des autres régimes, pour bien marquer cette approche commune » : notamment, Martine Dechamp, présidente de la commission d’action sociale de la Cnav, et Antonin Blanckaert, directeur de l’action sociale, ainsi que Pierre Godet, président de la commission d’action sociale du RSI, et Isabelle Bitouzet, directrice de l’action sociale.

Formalisée par une convention du 16 janvier 2014, cette union des forces, autour d’une offre commune de prévention qui aura bientôt sa marque, se concrétise déjà.

Cuisine et dépendance

L’humour et la dérision du spectacle musical Vieillir c’est vivre, écrit, mis en scène et interprété par Raphaëlle Saudinos, en duo avec Mathieu Durand, a comme Un air de famille avec ceux de la pièce de théâtre à succès d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, adaptée au cinéma en 1992. Une forme artistique et pédagogique d’échanges avec les anciens, sur laquelle ont levé le rideau Pierrick Chaussée, directeur adjoint de la Carsat Aquitaine, et Gilles Riaud, sous-directeur de la MSA Gironde, pour une représentation qui a conquis l’assemblée.

Née en Aquitaine de la coopération entre la Carsat, la MSA, le RSI, la Mutualité Française, l’association de santé, d’éducation et de prévention sur les territoires (Asept) et leurs partenaires, cette comédie musicale, créée par la compagnie « Cinquième Saison Production », marque l’engagement des organismes de protection sociale de la région sur la question de l’avancée dans l’âge. Une façon originale et ludique de faire découvrir aux seniors l’ensemble de leurs actions de prévention : ateliers mémoire, prévention des chutes, nutrition…

Cette histoire de deux spécialistes du « Bien vieillir » – Ernestine de la Rosamonde, l’experte délurée, et Aldebert Duschmol, le débutant maladroit – fait autant la guerre aux idées reçues qu’elle lève de tabous sur la vieillesse. Une rencontre explosive qui, rhum et tango aidant, donne un tour improbable à leur conférence, au cours de laquelle ils apprendront qu’à tout âge, la vie réserve de belles surprises. Ici, pas de nostalgie, ni de choc culturel njoy npro electronic cigarette des Electronic Cigarette générations, le rap et le slam touchent ceux qui ont connu Tino Rossi et Berthe Silva. La preuve : les six représentations jouées depuis 2012, toutes suivies d’une conférence, ont fait salle comble (voir notre article « Vieillir, c’est pas un truc de mauviettes! » dans Le Bimsa 141 de février). « On a même dû refuser des inscriptions », souligne Gilles Riaud. De quoi donner des idées aux autres MSA représentées, pour une utilisation, avec les deux autres régimes, de cet outil.

41 chartes territoriales de solidarité dans 26 caisses fin 2013

Illustration concrète du thème de la journée, les chartes constituent sur les territoires ruraux les plus isolés un enjeu majeur pour les populations âgées et l’avenir même de ces territoires.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre du développement social local pour répondre aux attentes et satisfaire les besoins d’une population âgée. Á travers la participation et la mobilisation des acteurs locaux (élus, associations, institutions) et des populations elles-mêmes, les chartes contribuent ainsi à lutter contre l’isolement et à préserver l’autonomie des plus âgés, en redynamisant les liens de solidarité et en développant une offre de services adaptée.

Échelon intéressant pour le lien social et le vivre ensemble, le territoire rural de mise en œuvre de la charte constitue un terrain pionnier pour penser le lien entre le temps court et le temps long et, ainsi, faire le lien, dans le cadre des actions proposées, entre la mémoire et l’histoire, comme a pu le souligner Bernadette Veysset-Puijalon. Exemples avec ces deux chartes présentées au cours de la journée :

  • à la MSA Auvergne, sur les communautés de communes de Pontgibaud Sioule et Volcans, et de Haute Combraille, dans le Puy-de-Dôme (9 500 habitants dont 42 % ont plus de 60 ans) ; 116 jeunes retraités ont été contactés pour une enquête de besoins et 69 questionnaires réalisés lors de visites à domicile. Un état des lieux – exposé par Robert Caldayroux, président du comité paritaire d’action sanitaire et sociale (CPASS) de la caisse, Marie-Jo Pourtier, présidente de l’échelon local, et Christine Courtheix, responsable du service d’action sociale (site MSA du Puy-de-Dôme) – qui a permis d’orienter et de définir des projets d’actions contribuant au « Bien vieillir » : telles les visites de bénévoles chez des personnes âgées isolées socialement et géographiquement, en lien avec les petits frères des Pauvres. Il s’agit là d’une traduction concrète de l’engagement de la MSA dans la lutte contre l’isolement des âgés, Monalisa, dont les chartes constituent un outil privilégié de mise en œuvre : séances de lecture au sein d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), réunions d’information et ateliers de prévention santé en lien avec la Carsat et le RSI, embellissement et fleurissement de 16 communes… ;
  • à la MSA Nord-Pas de Calais, sur le canton d’Hucqueliers dans le Pas-de-Calais (8 000 habitants dont 23 % ont plus de 60 ans) ; des aînés volontaires ont nourri le scénario d’un conte illustré – Il était une fois dans l’Nord, avec les mascottes Luc et Loïse – pour transmettre l’histoire de leur canton et des coutumes locales. Un récit qui valorise leurs expériences comme sources de transmission de l’identité rurale du territoire et opportunités de dialogue entre les générations (lectures à la Marpa de Preures, dans les bibliothèques, le centre social…) et que nous ont narré Daniel Bourel, président du CPASS de la caisse, Sylvie Delcroix, assistante sociale, Élodie Legrand, secrétaire générale de la communauté de communes, et Alain Delcloy, trésorier et administrateur de la Marpa. Autre action proposée dans le cadre de cette charte : l’action « Estime de soi » qui vise tout à la fois à créer du lien social et de la solidarité en intégrant les résidents Marpa comme habitants du territoire, et à développer le bien-être de ces personnes.

Le déploiement de ces chartes se poursuit de façon satisfaisante (24 pour 15 caisses en 2012), permettant d’atteindre l’engagement institutionnel de 60 chartes fin 2015 (au moins une par région administrative) prévu dans la convention d’objectifs et de gestion signée avec l’État.

En chiffres :

  • 25 % des personnes couvertes en action sanitaire et sociale sont âgées de 75 ans et plus (873 400 sur 3,6 millions) ;
  • 74 % des retraités allocataires d’une prestation d’action sanitaire et sociale perçoivent une aide à domicile (57 600 sur 77 800).

 

Christophe Gatschiné

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