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    Entour’âge tisse sa toile

    Réunion organisée au début de l’été pour démultiplier le réseau Entour’âge. Quatre communes ont déjà fait part de leur intérêt et vont bénéficier d’une présentation détaillée du dispositif.

    Réunion organisée au début de l’été pour démultiplier le réseau Entour’âge. Quatre communes ont déjà fait part de leur intérêt et vont bénéficier d’une présentation détaillée du dispositif. © Gildas Bellet

    Lancé en début d’année à Fleurance dans le Gers, le réseau Entour’âge s’attache à mettre en lien des personnes âgées isolées et des bénévoles. Une aventure humaine que ses créateurs souhaitent voir se diffuser. Rencontres à l’occasion d’une réunion organisée pour essaimer sur les territoires environnants.

    Personnes intéressées par le dispositif, élus, professionnels, bénévoles… avaient répondu présent à l’invitation lancée par la MSA Midi-Pyrénées Sud et le centre communal d’action sociale (CCAS) de Fleurance (Gers) pour amorcer l’essaimage d’une initiative qui, en quelques mois, a su mettre en relation sur le territoire des personnes en recherche de lien social et de nouveaux retraités désireux de s’engager bénévolement.

    Une mise en relation à créer et à animer

    Entour’âge a vu le jour début 2014 ; ce réseau a vocation à rompre l’isolement dû à la maladie, au handicap, au grand âge… en proposant des activités gratuites telles que l’écoute, l’aide à la marche, la lecture, les jeux de société, etc. Piloté par le CCAS, il s’inscrit dans un programme plus large – une charte territoriale de solidarité avec les aînés initiée par la MSA.

    À l’occasion du diagnostic destiné à identifier les besoins des personnes retraitées qui a précédé sa mise en place, « l’isolement revenait de manière fréquente, en campagne mais aussi en ville, soulignent Cathy Broca et Stéphanie Anatole, travailleurs sociaux à la MSA Midi-Pyrénées Sud. On observe une évolution des solidarités de voisinage, un changement de mentalités et cela ne va pas de soi aujourd’hui d’être dans le lien. Cette mise en relation, il faut la créer et l’animer ».

    Un constat partagé par les assistantes sociales et l’infirmier intervenant sur le secteur dans le cadre de la mise en place l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) : « l’isolement géographique (ruralité des territoires, éloignement des voisins) et l’isolement social (le manque de disponibilité des enfants mais aussi la volonté des parents de ne pas constituer une charge) peuvent devenir des facteurs aggravants de la dépendance. Les capacités s’amoindrissent si elles ne sont pas sollicitées ». Tisser le lien, c’est aussi prévenir les atteintes dues au vieillissement et favoriser le maintien en bonne santé des personnes qui avancent en âge.

    Un noyau de bénévoles pivots

    Si, à Fleurance, la population âgée confrontée à la solitude est importante, c’est aussi « un territoire en mouvement, avec de nouveaux retraités qui bougent et veulent s’engager dans des activités, pointent Stéphanie Anatole et Cathy Broca. Pour créer puis élargir ce réseau, nous nous sommes appuyées sur un noyau de bénévoles pivots [voir témoignages ci-après], porteurs d’une dynamique ».

    Aujourd’hui, Entour’âge compte une cinquantaine d’inscrits. « Très vite, nous avons constaté une nécessité de formalisation administrative », explique Benoît Garros, directeur du CCAS, structure pilote du projet. Par souci de définir un cadre précis et de ne pas mettre en difficulté les uns et les autres. « L’engagement est ainsi matérialisé par un dossier de candidature du bénévole et du bénéficiaire, une convention d’engagement réciproque, et une charte du bénévole qui pose le cadre éthique de l’intervention. » Une intervention régulière (qui permet de sécuriser la personne visitée), des règles de discrétion, de confidentialité et d’écoute, une stricte séparation des tâches (pour ne pas empiéter sur les attributions des professionnels intervenant auprès de la personne)… figurent notamment au menu.

    Les organisateurs invitent bénévoles et bénéficiaires à une rencontre mensuelle, occasion pour les nouveaux participants de faire connaissance avec les membres du réseau et d’en savoir plus sur les activités proposées ou en projet et, pour les binômes déjà constitués, d’échanger sur les actions auxquelles ils ont pris part.

    Solidarité générationnelle et intergénérationnelle

    Après quelques mois de fonctionnement réussi, la recette a désormais vocation à être transmise. « L’objectif est de partager cette expérience de lien social pour pouvoir la développer sur d’autres communes et de faire en sorte que cette aventure humaine s’étende à une plus grande échelle », précise Adeline Thorel, responsable du service social à la MSA Midi-Pyrénées Sud. Pour ce faire, le CCAS de Fleurance propose d’accompagner les municipalités qui le souhaitent, dans le cadre d’un partenariat, afin de lancer un réseau sur leur secteur. Lorsque ce nouveau réseau disposera d’un groupe de bénévoles, de bénéficiaires et d’activités suffisant, la commune pourra le développer de façon autonome… et partager à son tour idées, activités et expérience.

    Car le champ des possibles est vaste : l’espace jeunes de Fleurance (accueil de loisirs pour les adolescents) a ainsi réalisé deux vidéos – l’une sur la production de la noisette, l’autre sur la réalisation d’une poupée avec du maïs – mettant en scène (et en valeur !) l’expérience des aînés ; des membres d’Entour’âge ont aussi décidé de se mobiliser dans le cadre d’Octobre rose, avec une initiative de tricot solidaire (encore quelques semaines de patience avant de découvrir le projet qu’ils sont en train de concocter). L’émulation née du réseau génère des solidarités de proximité générationnelle et intergénérationnelle, et de nouvelles réalisations que son essaimage devrait encore faire grandir… dans l’entourage d’Entour’âge.

    Gildas Bellet

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