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Handicap : la loi de 2005 à l’épreuve de la rue

Une journée intense en émotions pour onze étudiantes de BTS SP3S (Services et prestations des secteurs sanitaire et sociale) de la maison familiale rurale (MFR) de Flixecourt dans les Hauts-de-France

Une journée intense en émotions pour onze étudiantes de BTS SP3S (Services et prestations des secteurs sanitaire et social) de la maison familiale rurale (MFR) de Flixecourt dans les Hauts-de-France. © MFR Flixecourt

Onze étudiantes de BTS SP3S (Services et prestations des secteurs sanitaire et social) de la maison familiale rurale (MFR) de Flixecourt dans les Hauts-de-France ont récemment infiltré les rues d’Amiens pour travailler sur la notion de handicap aux travers de ses dimensions physique, mentale ou encore sociale.

Elles étaient accompagnées par leur responsable Alice Pegard, qui leur enseigne la psychologie sociale mais aussi la méthodologie d’enquête. Objectifs : travailler autour de la loi 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap ; réaliser des observations pour travailler sur la stigmatisation des personnes en situation de handicap.

Après avoir abordé la théorie en salle de cours et sur les temps d’entreprise, l’idée était de se rendre compte de la réalité du terrain.

La particularité des MFR est de consacrer une grande partie du temps d’apprentissage aux expériences et à la pratique, aux visites de structures, aux rencontres avec des pros, ou encore au terrain.

Un groupe d’étudiantes a travaillé sur la mobilité réduite avec des fauteuils roulants, prêtés par un magasin spécialisé dans la vente et la location de matériel médical d’Amiens. Elles ont testé l’accessibilité de différents magasins et services. Si celle-ci reste encore globalement difficile, le constat est cependant encourageant car la majorité des boutiques sont équipées de rampes ou de sonnettes. Les allées restent toutefois trop étroites pour pouvoir se déplacer et les cabines d’essayage sont parfois mal agencées. Le regard de la population a été qualifié par les étudiantes,  « de bienveillant mais insistant.» 

Un autre groupe a travaillé sur le handicap mental avec la simulation de TOC (troubles obsessionnels compulsifs), dans un centre commercial. Cette expérience a marqué les deux étudiantes. En effet, les regards, les paroles ou encore les réactions ont été fortes, souvent négatives. « C’était un moment étrange, à la fin j’avais les mains moites, je me suis sentie oppressée, tout le monde me regardait, un papa a eu peur pour ses enfants, sa femme l’a rassuré, des adolescentes se sont moquées. »

D’autres ont testé les transports en commun avec une certaine bienveillance de la part des conducteurs et des contrôleurs de bus.

Pour finir, une jeune fille s’est intéressée à l’exclusion sociale en « piégeant », à la façon d’Élise Lucet dans Cash Investigation, un organisme de logements sociaux en se présentant comme une jeune fille n’arrivant pas à remplir son dossier social, prétendant ne pas savoir lire et en demandant de l’aide. Les conseillères, malgré leur disponibilité, l’ont orientée vers une assistante sociale, sans solutionner le problème. 

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