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Jean-François Rineau : S’investir dans du concret

Élections MSA 2015

« Je suis très attaché à mon territoire, parce que vie familiale, activité professionnelle et relations amicales y sont réunies. Quand j’étais plus jeune, je me disais : ʺSoit je le regarde vivre, soit je participe et je fais en sorte qu’il vive mieuxʺ », se souvient Jean-François Rineau, 60 ans, éleveur (naisseur-engraisseur) de porcs, sur une exploitation de 50 hectares de céréales (blé, orge, maïs et tournesol), à Bellon, au sud de la Charente. Il choisira la seconde option et s’engagera dans diverses structures – pour certaines du niveau local au niveau national – dont la MSA.

Jean-François Rineau.

Jean-François Rineau, administrateur de la MSA des Charentes et président du comité d’agence MSA Sud Charente. © Anne Pichot de la Marandais.

J’ai eu envie de m’investir en dehors de mon métier

Après avoir obtenu le certificat de capacité technique agricole et rural, notre homme, alors âgé de 27 ans, s’installe en 1981 en Gaec avec son père, éleveur de porcs. Il tire de ces années d’études en alternance effectuées dans une maison familiale rurale (MFR), « un parcours riche d’expériences et de rencontres dans différents milieux ». C’est à cette époque que lui vient « l’envie, le goût de m’investir dans quelque chose d’extérieur à l’entreprise ». Ce sera le syndicalisme – « jeune, à 27 ans » – dont il gravira les échelons. Après avoir été président du centre cantonal des Jeunes agriculteurs (JA), il devient président des JA au niveau départemental, puis gagne l’instance nationale, le CNJA, à Paris, où il fait partie du bureau. « J’avais en charge deux dossiers : d’une part, la formation en général, ce qui m’a amené à siéger au Fafea – fonds de formation agricole, aujourd’hui remplacé par Vivea – et à la fédération nationale des centres de formation des MFR et, d’autre part, la production porcine, d’où ma représentation à la fédération nationale porcine. » Il s’investit également dans la chambre d’agriculture.

À 35 ans, atteint par la limite d’âge, il quitte les JA pour se tourner vers un autre domaine : les MFR, en devenant président du centre de formation pour adultes de Marthon, en Charente, qui dépend des MFR. Et là aussi, il s’investit et devient président départemental, puis vice-président régional et vice-président national. Aujourd’hui, « je suis encore administrateur des MFR au niveau national, parce qu’il y a quelque chose qui me tient à cœur : le groupe Monde rural, dont je suis l’actuel secrétaire général. Il a été créé en 1970 par Raymond Lacombe, président de la FNSEA, et fédère des acteurs du monde rural, dont les MFR. Actuellement, il est question du découpage territorial : comment prendre en compte les spécificités du monde agricole ? C’est pour cela que je continue à m’investir dans les MFR ».

Engagements politiques locaux également, puisqu’il est adjoint au maire de sa commune. Il a aussi été délégué communautaire Tude-Dronne et il est toujours délégué du pays Sud Charente (qui regroupe deux communautés de communes, soit une population de 30 000 habitants).

Il se représente en 2015 pour un nouveau mandat de délégué cantonal MSA

Et la MSA dans tout cela ? Les MFR étant adhérentes à l’union départementale des associations familiales (Udaf), il est désigné par l’Udaf, en 2010, pour siéger au conseil d’administration de la MSA des Charentes. Mais il n’est pas qu’administrateur, puisqu’il a été élu délégué cantonal suppléant en 2000, puis titulaire en 2005. Il est toujours délégué cantonal et va se représenter en 2015 pour un nouveau mandat. Il est aussi président du comité d’agence MSA Sud Charente. « Le fait d’être à l’Udaf me rend soucieux de la façon dont on traite la famille à la MSA. »

Mais ce n’est pas la seule raison. Avant, dans les années 1995-2000, il découvre que « la MSA n’est pas uniquement une grande maison de verre, inaccessible, qui ʺpiquaitʺ de l’argent et en redonnait un peu. Il se passait des choses. J’étais admiratif d’un travail effectué sur la mémoire des territoires, qui avait mobilisé jeunes et moins jeunes, et qui avait abouti à la réalisation de trois films. C’est ce qui m’avait donné envie de me présenter pour devenir délégué cantonal ».

Le comité d’agence soutient des initiatives locales

Maintenant, en tant que président du comité d’agence MSA Sud Charente, « je dispose d’une petite manne financière attribuée par la MSA, qui sert à soutenir des initiatives locales dans des domaines très variés. Mais la donne a changé : on raisonne moins au niveau cantonal et davantage par bassin de vie. » De fait, le comité d’agence Sud Charente comporte sept cantons. Il cite plusieurs manifestations dans lesquelles la MSA est présente, et dans lesquelles s’investissent les élus locaux : les gaminades de Montmoreau-Saint-Cybard, festival de spectacles pour jeune public, le raid Dronne évasion, manifestation à caractère sportif, le jumping international de Chalais, la foire exposition de Barbezieux, la journée prévention pour les motards, des jeux inter-villages… « Les structures comme la MSA se doivent de soutenir les associations qui créent du lien social et une dynamique sur les territoires, et qui permettent aux habitants de vivre des temps forts. »

« Mais le comité d’agence, ce n’est pas que cela. Je m’en suis rendu compte au cours de mon mandat. » C’est un relais du conseil d’administration de la MSA, au plus près des territoires. De ce fait, il est amené à décliner les orientations de sa politique au niveau local. Ce qui se concrétise par des actions mises en œuvre avec des partenaires, telles que la journée prévention sur le bois, la charte territoriale des solidarités avec les aînés, le géronto’challenge ou bien encore le contrat local de santé.

« La journée prévention sur le bois est une thématique qui émane de la MSA et pour laquelle il n’y a pas de marge de manœuvre. Et quand on n’est pas initiateur d’une action, les élus ont plus de peine à se mobiliser. A contrario, quand les actions sont choisies par l’agence, les élus se l’approprient et s’investissent davantage. »

Les élus MSA ont mis en œuvre géronto’challenge

« Concernant la charte territoriale des solidarités avec les aînés, dispositif proposé par la CCMSA, étant donné que notre territoire est le plus âgé de la région Poitou-Charentes, cela nous a alertés. Cela devenait intéressant pour le comité d’agence : il y avait des espaces de liberté et d’inventivité derrière la dynamique proposée, dans la façon d’y associer des partenaires. Et là, ça devenait plus motivant pour les élus. » Depuis deux ans, les élus du comité travaillent à la mise en place de cette charte sur leur territoire.

Le géronto’challenge est une manifestation à caractère sanitaire qui a pour objet de promouvoir l’activité physique des personnes vivant en Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). « Il émane de la Charente-Maritime qui l’a proposé à la Charente. On a trouvé l’idée intéressante. On a décidé de se l’approprier pour en faire quelque chose de bien et on a réussi. » Deux géronto’challenges ont été organisés en 2014. L’Association de santé, d’éducation et de prévention sur les territoires (Asept) a porté le projet et les élus MSA l’ont mis en œuvre.

Autre dossier : le contrat local de santé, l’un des deux outils, avec les maisons pluridisciplinaires de santé, apportés par les agences régionales de santé (ARS). « Ce contrat local de santé a généré des temps forts, avec la mise en place d’un comité de pilotage et des groupes de travail. Avec les élus politiques, les collectivités locales et les structures concernées, nous nous sommes mis autour d’une table pour aboutir à la signature de ce contrat qui est sous la responsabilité politique du pays sud Charente. » Ce contrat a notamment permis la construction d’une maison de santé pluridisciplinaire à Chalais, qui sera inaugurée en 2015.

Il faut mobiliser et impliquer les délégués

« Derrière ces réalisations concrètes, il y a les délégués et le comité d’agence qui anime le réseau. » Jean-François Rineau fait le lien avec les élections à la MSA en janvier 2015 : « Si on veut que les délégués s’investissent, il faut les mobiliser et les impliquer. Il faut qu’ils sentent qu’il existe des espaces de liberté pour des initiatives. »

Et pour le prochain mandat, sera-t-il difficile de recruter des candidats ? « Ce n’est pas facile de trouver des personnes pour se présenter aux élections mais, derrière, il s’agit d’engagement et de responsabilité citoyenne. » À chacun de réfléchir : « Soit on pense qu’il n’y a rien à faire, soit on se dit qu’il y a quelque chose à faire et on s’investit dans ce qui nous plaît : le sport, la vie publique, la santé… Quand je lis des articles sur les géronto’challenges et les activités que nous avons menées, je me dis : ʺC’est génial !ʺ »

Anne Pichot de la Marandais

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