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La dynamique du travail en réseau Faire vivre son territoire (6/6)

Deux adolescentes pour DSL

© Sylvain Cambon/CCMSA Image(s)

La MSA de la Gironde a choisi de décliner le développement social local par le travail en réseau. Une convention de partenariat pour une action sociale partagée a été signée avec le Pays Médoc. Le plan d’actions qui en découle révèle toute la dynamique de cette affaire.

Pour certains, il est tout de suite synonyme de grands vins. Mais le Médoc recèle désormais un autre trésor, qui partage avec la grappe de raisins son inflorescence, le partenariat d’envergure dans le développement social local (DSL).

Habituellement, sous la forme de contrats de développement social territorialisés (CDST), purs produits MSA, on retrouve le DSL à l’échelle de plusieurs cantons, voire d’une communauté de communes. Ici, le 28 juin dernier, une convention a été signée avec un territoire bien plus étendu, le Pays Médoc, soit six communautés de communes et trois communes (1). Dans ce secteur, sur un peu plus de 92 000 habitants, on dénombre une forte concentration de ressortissants MSA : 17 500 personnes y sont couvertes en risque maladie.

Partenariat historique

La contractualisation entre la MSA de la Gironde et le Pays Médoc vient renforcer un partenariat historiquement bien ancré. Nutrition et précarité, accès à la prévention et aux soins, offre de transport alternative ou appel à projets jeunes (APJ), telles étaient déjà quelques-unes des actions ou réflexions engagées conjointement depuis 2006. Une plateforme de développement sanitaire et social était alors créée. En décembre 2011, le Pays signait déjà une convention territoriale globale (CTG) avec la CAF et les communautés de communes.

« L’objectif de cette convention avec le Pays Médoc est de déterminer les axes de nos politiques d’action sociale qui seront co-portés », explique Danielle Ransinangue, responsable du service développement social de la MSA de la Gironde. Un engagement de quatre ans qui s’inscrit dans le cadre d’une cohérence partagée. Pour le Pays Médoc, la politique d’action sociale développe deux idées « force » : la mobilisation citoyenne et la territorialisation des actions.

Deux ingrédients qui fondent également la méthodologie du DSL à la sauce MSA et que l’on retrouve dans les priorités du plan d’action sociale de l’institution : développer une politique enfance jeunesse responsable, solidaire et adaptée aux besoins des actifs agricoles ; prévenir la précarité des actifs agricoles et conforter leur accompagnement ; maintenir le bien vivre à domicile et lutter contre l’isolement des personnes âgées ; promouvoir un hébergement de proximité pour les personnes âgées en maintenant l’autonomie et le lien social.

Mêmes valeurs

La MSA de la Gironde et le Pays Médoc défendent les mêmes valeurs : prévention, proximité, solidarité, partage et développement. Pour mettre en place un plan d’actions sur un socle commun, les deux entités se sont inspirées d’un diagnostic global. La remontée des besoins a permis de dégager quatre grands axes, qui ne fonctionnent que grâce à la mise en réseau de tous les acteurs institutionnels ou associatifs de l’action sociale du territoire.

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Signature, le 28 juin 2012, de la convention de partenariat entre la MSA de la Gironde et le Pays Médoc. © MSA de la Gironde

Premier d’entre eux, le développement d’une politique enfance et jeunesse responsable, solidaire et adaptée aux besoins des actifs agricoles. Côté petite enfance, il s’agira surtout d’accompagner les parents dans leur recherche d’un mode de garde. La politique partagée se centrera sur la communication. Côté jeunesse, le diagnostic a cerné des problèmes liés à la mobilité, aux pratiques addictives ou d’accès à la planification. Au programme donc : « les jeunes et leur santé », plusieurs modules menés avec des acteurs locaux et des opérateurs extérieurs (ateliers santé itinérants, interventions sur les addictions, journée de réflexion sur l’accès à la planification…) ; l’organisation d’un forum jeunesse, avec bon nombre de partenaires ; la constitution d’un groupe de réflexion sur la mobilité des jeunes en Médoc ; la promotion annuelle des appels à projets jeunes.

Deuxième axe, le développement des actions innovantes et solidaires pour accompagner les actifs agricoles en situation de précarité : promotion de l’accès aux droits auprès des centres communaux d’action sociale (CCAS) par le biais des rendez-vous prestations de la MSA ; renforcement de l’action « nutrition et précarité » avec pour objectif la création d’un kit pédagogique qui pourra être repris par l’ensemble des associations caritatives et le réseau mobilisé sur cette question ; l’organisation d’une journée santé…

Charte de solidarité et CDST

En Gironde, on enregistre 10 135 salariés agricoles, dont 45 % de saisonniers. Le revenu brut fiscal est en dessous de 1 000 € par mois pour 36% des allocataires MSA. Parmi les actions de ce deuxième axe, pour permettre aux personnes en difficulté qui sont éloignées du parcours de soins à s’y réinscrire, des ateliers santé itinérants et des ateliers sur la posture de l’accompagnant (« comment inviter une personne à entrer dans une démarche de santé ? », par exemple). Et encore : une promotion auprès des délégués cantonaux MSA et des ressortissants agricoles de l’action « garage solidaire », qui permet aux publics économiquement fragiles de disposer d’un véhicule dans le cadre d’un projet d’insertion professionnelle et/ou sociale (location, achat et/ou réparation à bas coût).

Le troisième axe du plan d’actions concerne le bien vivre à domicile et la lutte contre l’isolement des personnes âgées. Une Charte de solidarité avec les aînés sera déployée sur l’ensemble du Pays ainsi qu’un CDST sur une communauté de communes. Ils constituent le quatrième et dernier axe. La phase de prédiagnostic devrait rapidement dévoiler sur quel périmètre il s’exercera. Et toujours pour renforcer les différentes formes de partenariat.

(1) Les communautés de communes Centre-Médoc, Cœur-Médoc, des Lacs Médocains, Médoc Estuaire, La Médullienne, de La Pointe du Médoc, et les communes de Blanquefort, Eysines et Parempuyre.

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Franck Rozé

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