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La prévention du suicide : quelle efficacité ? Rencontre régionale du 2 février 2016 à Laval (3/3)

Prévention du suicide : quelle efficacité ?

Temps d’échange avec la salle sur l’efficacité de la prévention du suicide. © Anne Pichot de la Marandais.

Après la présentation du réseau de prévention du suicide sur les Mauges et le Segréen par la MSA de Maine-et-Loire, et celle du collectif pour la prévention du mal-être et du suicide en Mayenne (Cops 53), a suivi un temps d’échange avec la salle. Trois questions ont été posées.

Quelles sont les conditions de réussite d’un projet commun en matière de prévention du suicide sur un territoire ?

Parmi les réponses apportées, on peut citer :

  • Il faut faire un état des lieux des compétences qui existent sur le terrain.
  • Il est nécessaire de se connaître entre intervenants bénévoles et professionnels.
  • Si tous les acteurs ne sont pas rassemblés, il n’y a pas d’échanges : ça ne peut pas être efficace.
  • Il faut créer du lien avec les professionnels de santé.
  • Ne pas dépasser son rôle de bénévole.
  • La formation est efficace si elle s’intègre dans un projet.
  • Le groupe de prévention du suicide doit être représentatif de la population locale. C’est le travail en commun, sur le long terme, qui sera efficace.
  • Sur les territoires où il n’y a que des professionnels, ça a du mal à avancer ; sur les territoires où il n’y a que des bénévoles, c’est le même constat. Il faut plus d’ouverture et éviter l’entre soi. Il faut pouvoir faire entrer d’autres personnes. C’est important de rester ouvert.
  • Il faut continuer à sensibiliser les médecins généralistes à la prévention du suicide.
  • Il faut mettre en place des actions communautaires et coordonner les actions des différents acteurs.
  • Ne pas rester seul face à une personne qui va mal. On ne fait pas de la prévention du suicide tout seul.
  • Pour réduire le suicide, il faut se mobiliser.

Ce qu’a confirmé Georgette Rousselet, présidente de la MSA Mayenne-Orne-Sarthe : « La réussite est basée sur la complémentarité des acteurs : bénévoles, professionnels de santé, institutions. Les bénévoles sont formés : on leur apprend à identifier les personnes fragiles et à passer le relais aux travailleurs sociaux et aux professionnels de santé. Il faut aussi favoriser les échanges : c’était aussi l’un des objectifs de cette rencontre régionale, afin que chacun ait une meilleure connaissance des actions et des acteurs. Depuis quatre ans, l’Aromsa et l’ARS travaillent en partenariat sur la problématique du suicide. »

Comment mesurer l’efficacité d’une action menée sur un territoire ?

Un exemple est donné par un médecin qui a constaté une évolution lors des consultations d’évaluation des troubles de l’humeur. « En 2003, 60 % des personnes avaient déjà fait une tentative de suicide. Aujourd’hui, 70 % n’ont pas attenté à leur vie, mais sont dans un état dépressif. Les situations de mal-être sont repérées plus tôt et les personnes acceptent plus facilement de consulter un psy. En termes de prévention, si la personne n’a « que » des idées suicidaires mais n’est pas passée à l’acte, on peut faire de la prévention du mal-être et du suicide. »

Quels sont les besoins en accompagnement de projet pour se mobiliser sur un territoire ?

Des demandes se font sentir :

  • On a besoin d’un référent pour qu’il nous aide à mener notre projet.
  • On a besoin de financement.
  • On a besoin d’appui méthodologique.
  • On ne connaît pas tous les acteurs sur le terrain.
  • Un dispositif existe pour toucher les élus, les contrats locaux de santé, mais il n’y en a pas partout.

À ce propos, le Dr Véronique Blanchier a rappelé que « l’Aromsa et l’ARS mettent à disposition un annuaire des acteurs ressources de la région, Agir ensemble contre le suicide en Pays de la Loire. Il est mis à jour tous les ans. L’édition 2016 est consultable et téléchargeable sur les sites Internet des MSA Loire-Atlantique – Vendée, de Maine-et-Loire et Mayenne-Orne-Sarthe, et de l’ARS des Pays de la Loire ». Sont répertoriés dans ce document les services d’urgence et les adresses de soutien et d’accompagnement classés par département : Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée.

 

Plus d’informations sur :

www.ars.paysdelaloire.sante.fr

www.msa44-85.fr

www.msa49.fr

www.msa-mayenne-orne-sarthe.fr

 

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Se mobiliser contre le suicide. Comment mesurer l’efficacité de la prévention du suicide ? Tel était le thème d’une rencontre régionale qui s’est tenue à Laval, le 2 février 2016. À l’occasion d’un temps d’échange, « se coordonner sur un territoire », la MSA de Maine-et-Loire a présenté son réseau de prévention du suicide sur les Mauges et le Segréen.

Le collectif pour la prévention du mal-être et du suicide en Mayenne. Autre exemple de coordination sur un territoire, le collectif pour la prévention du mal-être et du suicide en Mayenne (Cops 53), qu’a présenté sa présidente, Béatrice Pigueller.

Anne Pichot de la Marandais

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