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La protection sociale perd un de ses architectes

 

Portrait d'André Laur
© CCMSA Image

André Laur est décédé le 3 janvier dernier à l’âge de 90 ans. À l’annonce de sa mort, l’ensemble de la profession agricole s’est manifestée pour présenter ses condoléances à ses proches et saluer la mémoire d’un homme de convictions qui avait œuvré toute sa vie durant en faveur d’une plus grande justice sociale.

Personnalité très tôt engagée et rapidement influente, André Laur s’illustre dès 1950, à 27 ans, avec un premier mandat à la MSA. Il devient administrateur national l’année suivante. Il est président de la MSA de l’Aveyron de 1956 à 1989 et de la caisse centrale de 1974 à 1992.

On lui doit, aux côtés des instances syndicales, en pleine période de mutations fortes pour l’agriculture : la création de l’assurance vieillesse des exploitants agricoles, en 1952 ; la mise en place de l’action sanitaire et sociale, en 1960, avec un budget annexe des prestations sociales dans la foulée ; l’institution de l’assurance maladie des exploitants agricoles (Amexa), en 1962 ; la création d’une assurance contre les accidents pour les exploitants, en 1966.

Il défend des avancées sociales auprès des salariés de l’agriculture et notamment de ceux de la production et des coopératives : la création de la Camarca, la caisse de retraite pour les salariés non-cadres, en 1964 ; le vote d’une loi exemplaire sur les accidents du travail des salariés agricoles, en 1972, à l’origine du développement d’une politique de prévention dont les résultats sont incontestables.

Aujourd’hui, tout cela semble évident. Or, comme le souligne Gérard Pelhâte, président de la CCMSA, lors de son allocution prononcée le jour des funérailles, ces combats âprement menés étaient alors tous sous-tendus par l’idée moderne que « l’activité économique ne peut se développer que si elle est consolidée par la sécurisation des aléas de la vie des personnes et des familles », d’une part, et par « une logique de solidarité collective qui n’allait pas de soi », d’autre part. Ce qui autorise à voir en André Laur, selon les mots de Jacques Bernat, président de la MSA Midi-Pyrénées Nord, « un esprit créatif et bâtisseur, un visionnaire ».

Natif d’une famille de fermiers de Monastère, commune de l’Aveyron, André Laur avait quitté l’école à 12 ans. Formé par la Jeunesse agricole catholique (JAC), il avait fait le pari du mutualisme et avait tout misé sur la notion de responsabilité. Si la MSA porte si haut ces valeurs aujourd’hui, c’est sûrement grâce à lui.

Franck Rozé

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