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L’agriculture au féminin

Femme travaillant dans une serre horticole

© Franck Beloncle/CCMSA Image

Elles assument une part importante de l’emploi en agriculture : en 2016, les femmes sont plus de 508 000, selon les données de l’observatoire économique et social de la MSA.

La population active agricole féminine se compose de 111 000 cheffes d’exploitation ou d’entreprise, 25 500 collaboratrices d’exploitation et 372 000 salariées.

À la tête d’un quart des exploitations

En 2016, elles représentent 24 % des chefs, un chiffre globalement stable depuis plus de dix ans. Si leur proportion est de 25,6 % de l’effectif des chefs d’exploitation, elle n’est en revanche que de 5,1 % parmi les chefs d’entreprise de services. Âge moyen : 51,6 ans, contre 48,2 ans pour les hommes.

29,2 % des exploitations et des entreprises agricoles ont au moins une femme comme exploitante ou coexploitante. Associées à des dirigeants masculins, elles se trouvent à la tête de structures de forme sociétaire, comme le Gaec (groupement agricole d’exploitation en commun) ou l’EARL (entreprise agricole à responsabilité limitée). Seules, elles privilégient la forme juridique en nom personnel dans sept cas sur dix. Un choix moins marqué pour les hommes.

Agriculture traditionnelle

Elles exercent principalement leur activité dans le secteur de l’élevage de bovins-lait (17 %), les cultures céréalières et industrielles (16,6 %) et les cultures et élevages non spécialisés (12,7 %). De manière générale, elles sont présentes dans l’agriculture traditionnelle.

Les cheffes d’exploitation se trouvent en outre très implantées dans l’élevage de chevaux (47,6 %), l’entraînement, dressage, haras, clubs hippiques (45,6 %) et l’élevage de gros animaux (44,4 %) mais sont quasi-absentes dans les exploitations de bois, les entreprises paysagistes ou la sylviculture.

Revenus professionnels inférieurs

Lorsqu’elles sont imposées au réel et que les revenus sont connus, les agricultrices disposent d’un revenu professionnel agricole annuel moyen de 9 552 euros. C’est 30 % de moins que celui des agriculteurs (13 601 euros). Les femmes chefs d’exploitation sont 41,8 % à avoir un revenu inférieur à 4 315 euros par an, critère couramment utilisé pour qualifier les situations de grande difficulté. Chez les hommes, cette part s’établit à 36,6 %.

Un statut en désuétude

En 2016, parmi l’ensemble des conjointes d’exploitants ou d’entrepreneurs agricoles, 15 % sont affiliées en qualité de conjointes actives sur l’exploitation ou dans l’entreprise avec le statut de collaboratrice d’exploitation. En dix ans, cet effectif a été divisé par deux, traduisant le désintérêt des jeunes générations pour ce statut, qui lui préfèrent celui de coexploitant.

372 000 salariées dans la production

Un effectif en baisse de 3,9 % par rapport à 2015. Les femmes représentent 90 600 équivalents temps plein et 35,1 % des salariés du secteur. Avec un âge moyen de 38,9 ans, ces salariées sont principalement employées dans la viticulture, les cultures spécialisées, et les cultures et élevages non spécialisés.

38 % des salariés saisonniers

Le recours au contrat à durée déterminée (CDD) occupe une place prépondérante dans l’emploi féminin agricole. Il prévaut particulièrement dans la viticulture, les cultures spécialisées et les entreprises de travaux agricoles, des secteurs marqués par des volumes conséquents de travail saisonnier. 83,1 % des salariées du secteur détiennent un CDD, ce qui représente 308 900 contrats de travail en 2016. Les femmes représentent 38 % des salariés saisonniers.

Présence incontournable

En 2016, environ 146 000 femmes d’exploitants ne sont ni cheffes, ni collaboratrices d’exploitation. Elles occupent un emploi salarié dans l’entreprise de leur conjoint ou dans une autre entreprise, et assurent ainsi un complément de revenu au ménage, contribuant par contrecoup au maintien de l’exploitation. Leur participation n’est pas directement mesurable mais réelle car, lorsqu’elles sont interrogées lors du recensement agricole, elles déclarent majoritairement aider à la gestion de l’exploitation, bien que n’ayant pas le statut de collaboratrice.

 

En savoir plus

Consulter le document « La population active féminine en agriculture en 2016 » sur le site statistiques MSA

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