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Le dossier médical partagé

Médecin traitant et son patient

© Téo Lannié/CCMSA Image

C’est le nouveau carnet de santé numérique. Il conserve et sécurise les informations d’un patient afin d’assurer la continuité, la qualité et la coordination des soins.

Généralisé depuis le début du mois, après une expérimentation sur plusieurs territoires, le dossier médical partagé (DMP) permet au patient de partager ses informations de santé avec son médecin traitant et tous les professionnels qui le prennent en charge. Il est gratuit, confidentiel et sécurisé.

Que va-t-il contenir ?

Les informations utiles à la prise en charge : comptes rendus hospitaliers et radiologiques, résultats d’analyses de biologie, antécédents et allergies, actes importants réalisés, médicaments prescrits et délivrés, coordonnées des proches à prévenir en cas d’urgence… Tous les bénéficiaires de l’assurance maladie peuvent, s’ils le souhaitent, avoir un dossier médical partagé. Entièrement gratuit, il n’est pas obligatoire.

Comment le créer ?

Avec l’aide d’un conseiller dans les agences de la MSA, auprès d’un professionnel de santé ou d’un établissement équipé d’outils informatiques adaptés. La carte Vitale est indispensable pour cette création. Une fois ouvert, le dossier peut être consulté par l’adhérent, sur le site www.dmp.fr ou via l’application mobile dédiée. Il est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Qui peut s’y connecter ?

Uniquement le patient et les professionnels de santé que celui-ci a autorisés. Chacun d’entre eux pourra prendre connaissance des seules informations qui lui sont utiles pour la prise en charge. Par exemple, un orthophoniste n’aura pas accès aux résultats d’examens biologiques, un pédicure à des comptes rendus d’hospitalisation…

Assurance maladie, assureurs, employeur ou médecin du travail ne peuvent consulter le DMP. Les autorisations d’accès peuvent être paramétrées par l’assuré (via le site Internet ou l’application mobile). Il garde la main sur les informations de son dossier.

Comment est-il alimenté ?

Par le patient lui-même et par les professionnels de santé, avec les informations qu’ils jugent utiles pour la prise en charge. L’assurance maladie, quant à elle, verse au dossier l’historique des remboursements et des prescriptions sur deux ans.

Quels avantages procure-t-il ?

Conservé sur un espace sécurisé, le DMP regroupe l’historique de soins d’un patient. Mises à la disposition des professionnels de santé, ces informations permettent d’améliorer la coordination et la continuité des soins.

En prenant connaissance des antécédents médicaux, des comptes rendus, des traitements en cours…, ils disposent de toutes les données pertinentes pour une prise en charge optimale (même sans connaître le patient) et évitent ainsi les examens inutiles, les redondances thérapeutiques, les interactions médicamenteuses, etc. En outre, si le patient a autorisé la consultation de son dossier en cas d’urgence, un temps précieux peut être gagné afin d’optimiser l’efficacité de la prise en charge.

 

Témoignage

Hélèné Picard, responsable relation client à la MSA Midi-Pyrénées NordLa MSA Midi-Pyrénées Nord a expérimenté entre juin et septembre 2018, sur les quatre départements de son périmètre d’action (Aveyron, Lot, Tarn, Tarn-et-Garonne), la création du dossier médical partagé pour le régime agricole.

Hélène Picard, responsable de la relation client, revient sur la genèse, le déroulement et les enseignements des travaux conduits.

Comment la MSA Midi-Pyrénées Nord s’est-elle emparée de cette expérimentation ?

L’ensemble de la direction s’est mobilisé pour présenter le dossier médical partagé (DMP) en conseil d’administration et auprès des cadres au 1er trimestre 2018. L’équipe relations clients s’est impliquée avec son encadrement, moteur de l’expérimentation. L’intervention du service informatique auprès de tous les agents des sites et agences a été nécessaire pour équiper leurs postes de carte CPE (carte de personnel d’établissement) et d’ordinateur, en remplacement des postes passifs. La présentation du DMP auprès des agents d’accueil et des conseillers en protection sociale a été réalisée en mai et des supports ont été mis à leur disposition.

La création des DMP a démarré la deuxième semaine de juin. Chaque agent a d’abord ouvert son propre dossier pour vérifier le bon fonctionnement du service puis a offert cette possibilité à tous les collègues basés sur les dix agences ; sur les quatre sites, l’ensemble du personnel a été invité à venir en accueil créer le DMP. Les consignes ont été de proposer à tout assuré l’ouverture de son dossier, lors d’une visite spontanée on d’un rendez-vous en accueil.

Avant la période de congés d’été, deux actions spécifiques de création de DMP ont été conduites, l’une auprès des administrateurs, l’autre auprès des cadres managers, chacun étant un relais pour inviter son entourage ou ses connaissances à faire de même.

En termes de communication, le numéro Territoires et Actions du mois de juillet diffusé à nos élus a comporté un article sur le sujet. Sur notre site Internet, a été publiée une information sur le DMP et sur la possibilité de le créer en accueil.

Quel bilan tirer à l’issue de ces quelques mois ?

700 DMP ont été ouverts sur la période de mi-juin à fin septembre, avec une baisse constatée sur la période estivale. Il a été plus facile de le proposer aux assurés lors de rendez-vous plutôt qu’en flux spontané en accueil car le temps consacré à la promotion du DMP et à sa création est plus limité compte tenu de la gestion de la file d’attente.

Plusieurs évaluations ont été réalisées depuis le début de l’expérimentation, tant auprès des assurés que des agents d’accueil. À l’issue de l’ouverture de leur dossier, les assurés ont pu répondre à un questionnaire en ligne. Les résultats ont montré que le dispositif et ses bénéfices n’étaient pas encore connus du grand public. En revanche, quand ils ont accepté de créer leur DMP, leurs principales motivations portaient sur quatre dimensions principales : la gratuité, la possibilité de centraliser les informations médicales, de les partager entre les professionnels de santé et de faciliter l’intervention du Samu.

Quant aux agents d’accueil, ils se sont rapidement approprié le dispositif et l’argumentation. Leurs contacts directs avec les assurés ont permis de confirmer qu’il n’y avait pas de frein rédhibitoire.

Les adhérents sont-ils réceptifs à cet outil digital ?

Globalement ils sont réceptifs à la proposition de créer leur nouveau carnet de santé numérique accessible par tous les professionnels de santé. L’accroche est importante dans le choix des mots car certains assurés ont peur du numérique en raison de la sécurisation de l’accès à des données médicales privées. Les exemples mise en avant tels que les situations d’urgence ou l’hospitalisation, les allergies, le partage du suivi médical ont aidé à obtenir l’adhésion.

Cependant certains assurés ont demandé un temps de réflexion, d’autres ont souhaité en parler à leur médecin traitant ; certains sont revenus pour créer leur DMP après échange.

Quelles sont les perspectives de travail pour poursuivre la dynamique ?

Sur les semaines à venir, deux actions spécifiques sont d’ores et déjà prévues. L’une est portée sur nos quatre sites par le service communication auprès de l’ensemble du personnel, afin d’inciter les salariés qui ne l’auraient pas fait à créer leur DMP lors d’un temps disponible pour chaque service de la caisse. L’autre est conduite par le service relation clients en partenariat avec la CPAM du Tarn : elle consiste à faire intervenir sur deux établissements hospitaliers (Albi et Gaillac) un de nos agents d’accueil avec un agent de la CPAM pour proposer l’ouverture du DMP à tout assuré social, quel que soit son régime d’assurance maladie. Nous envisageons d’étendre cette initiative partenariale aux trois autres départements : Aveyron, Lot et Tarn-et-Garonne.

 

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