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Le meilleur ami de l’éleveur

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Les premières rencontres nationales de chien de troupeau se sont tenues à Ambazac, en Haute-Vienne. Le 11 juin, plus de 80 personnes, agriculteurs ou membres d’associations, ont participé à une journée au poil !

Le chien de troupeau fait partie de l’histoire agricole de la Haute-Vienne. Déjà 20 ans que des formations à son utilisation sont dispensées dans le département. Il est donc logique de voir la première réunion nationale sur le sujet s’y dérouler.

Dans la grange fraîche de Louis Penicaud, plusieurs spécialistes se relaient toute la matinée pour mettre en avant les avantages de travailler avec un canidé. Ils ont tous répondu à l’invitation de l’Institut de l’élevage (Idele) et sont venus des quatre coins de la France pour échanger et donner les bons conseils. Barbara Ducreux, de l’Idele, ouvre la journée en détaillant les formations que propose l’institut. Parce qu’introduire un chien sur son exploitation sans avoir obtenu de conseils auparavant peut être préjudiciable par la suite.

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Pour autant, cela ne doit pas freiner l’agriculteur dans l’acquisition, comme le rappelle Florian Dassé, chargé de mission à la santé-sécurité au travail de la caisse centrale de la MSA : « Le chien de troupeau peut jouer plusieurs rôles sur une exploitation : conduire un troupeau, contenir les animaux, aider aux opérations du tri des animaux, etc. Il peut également permettre le maintien de l’activité agricole en cas de perte de mobilité de l’éleveur. »

Depuis plusieurs années déjà, la MSA et l’Idele entretiennent un partenariat fructueux. Entre 2004 et 2006, un groupe de travail entre les deux institutions avait abouti à une liste de savoir-faire à acquérir pour éviter les comportements dangereux lors de l’arrivée d’un chien sur une exploitation. Aujourd’hui, ce sont les mises à jour des supports utilisés lors des formations qui sont au cœur du partenariat entre les deux structures : « Nous allons faire de nouvelles fiches-conseils à destination des utilisateurs de chiens de troupeaux et nous envisageons de faire des petites vidéos explicatives », détaille Florian Dassé.

Florian Dassé, chargé de mission à la santé-sécurité au travail de la caisse centrale de la MSA

Florian Dassé, chargé de mission à la santé-sécurité au travail de la caisse centrale de la MSA

« Ton regard brille quand tu parles de chiens »

Dans le public, on croise quelques novices venus glaner des informations, mais surtout des passionnés de chiens de troupeaux. C’est le cas de Pierre Moniver, éleveur laitier du Cantal et président de l’Auct 15 (association des utilisateurs de chiens de troupeau), qui confie son affection pour les canidés : « Le chien amène la notion de plaisir au travail, et c’est ce qui est important pour moi. Je te regarde, Louis [Penicaud], et quand tu parles d’eux, je vois tes yeux briller. Je pense que beaucoup de personnes présentes aujourd’hui éprouvent le même sentiment. » Les membres de ces associations de chiens de troupeaux, que l’on retrouve dans de nombreux départements, sont avant tout des passionnés et sont d’une grande aide, comme le confie Barbara Ducreux : « Le triptyque gagnant dans l’élaboration des formations, c’est MSA, Auct et chambre d’agriculture. »

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Philippe Hubert, préventeur à la MSA Loire-Atlantique Vendée, rappelle que le partenariat permet de monter d’autres actions comme la journée découverte du chien du troupeau, mise en place depuis 2008 avec l’AUCT. « La MSA essaie de promouvoir l’AUCT. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons participé à l’élaboration de son nouveau site Internet », complète-t-il.

En Normandie, les liens entre les différentes structures sont encore plus nets : « Lors d’une finale nationale dans la Manche, nous avons discuté avec la chambre d’agriculture et l’association des chiens de troupeau de Basse-Normandie. Nous avons tout de suite vu l’importance de travailler ensemble », se rappelle Philippe Pican, préventeur de la MSA Côtes Normandes. « Notre engagement commun en faveur des agriculteurs obligeait presque cette mutualisation des moyens », confirme Ludivine Alliet, de la chambre d’agriculture de la Manche. Depuis deux ans maintenant, les trois structures travaillent main dans la main pour accompagner au mieux les futurs utilisateurs de chien de troupeaux.

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Malgré tous les avantages que le chien apporte aux agriculteurs, certains restent sceptiques et préfèrent investir « dans un chien à quatre roues, regrette Jean-Paul Meilhaud, professeur au lycée agricole de Saint-Yrieix-la-Perche. Le quad, c’est simple et attrayant pour les jeunes, alors que le chien, ça demande un peu de temps et des formations ». Alors, pour conforter les participants dans leur choix de se tourner vers l’accueil d’un chien sur l’exploitation, l’après-midi est dédiée aux démonstrations. Trois ateliers pratiques pour savoir choisir son animal, connaître les situations de travail dans lesquelles il est possible de l’utiliser ou encore comment réussir sa démonstration de chien de troupeau lors d’une manifestation professionnelle.

Sébastien de Montmollin, formateur agréé, conduit un troupeau de bovins alors que son collègue, Jean-Michel Jolly, détaille les précautions à prendre : « Lors d’une démonstration, le plus important, c’est la sécurité des animaux et du public », explique-t-il. Sébastien ajoute : « Il faut faire des exercices simples au départ » et il confirme son amour du travail avec son compagnon : « Pour moi, travailler avec un chien, c’est avant tout du plaisir, mais aussi de l’efficacité et un gain de temps. Je ne connais pas un seul éleveur ayant bien travaillé avec un chien et qui a arrêté d’avoir un animal pour l’aider sur l’exploitation. »

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Plus loin, Bruno Banon, formateur également, indique qu’il faut aussi former le troupeau à la présence du chien : « C’est important pour que les animaux soient plus calmes. »

Durant toute la journée, les participants ont pris des notes, posé des questions et se sont fait une idée sur l’apport d’un chien sur une exploitation. Cette première rencontre nationale a sûrement converti plusieurs éleveurs. Elle a surtout souligné l’importance de suivre les formations pour que l’accueil du chien se fasse dans les meilleures conditions.

Jérémy Lemière

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