Imprimer cet article Envoyer cet article

Le stress affiche complet

Berry-Touraine

MSA Berry-Touraine/Stress 3

La carte de l’humour pour Jean-Michel de Busserolles, avec (aussi) de la profondeur dans le propos. Désormais dans les campagnes on se salue ainsi © Annette Fluneau

L’apéro-débat dînatoire sur le stress imaginé par les délégués MSA « de la Beauce » a fait salle comble, le 5 juin dernier. Le public, très intéressé par le sujet, s’est révélé friand de solutions et d’attitudes à adopter pour se préserver de ce mal sociétal.

La salle ne pouvait accueillir que 160 personnes, elles étaient là ! Soixante-dix autres, souhaitant s’inscrire, n’ont pu le faire et celles venues directement se sont vues contraintes de rebrousser chemin. « Du jamais vu à La Chapelle-Saint-Martin ! », s’exclame un organisateur.

Le stress nous grignote-t-il tous plus ou moins ? Preuve en est l’engouement suscité par l’action conduite par les délégués MSA Berry-Touraine sur le secteur Beauce. C’est en effet un public tous âges et régimes confondus qui a répondu à l’invitation. Sa principale motivation ? Cerner « le mal » et apprendre à s’en préserver.

De la qualité dans le contenu

Trois intervenants étaient chargés d’animer le débat. Trois professionnels dotés chacun d’une personnalité et de compétences différentes aussi bien que complémentaires. Au final, un contenu riche combinant le sérieux des propos et l’humour.

Jean-Michel de Busserolles, kiné et psychothérapeute a ainsi fait son entrée sous les traits (hauts en couleur) de sa « cousine », Gisèle Boulingrain. Une tactique de surprise qui se révèle bougrement efficace en faisant sortir dans l’instant le public de sa coquille. Le but poursuivi ! Car ainsi que le souligne le professionnel : « Nous ne rions maintenant guère plus de trois minutes par jour, contre vingt en 1940 », période ne prêtant pourtant pas à la franche rigolade. Mais ce soir-là, chaque participant a fait le plein pour le mois !

Le stress à doses fortes, Eric Tognoni, pschologue et coach consultant, l’aborde lors de ses consultations en entreprises. Le plus souvent celles du CAC 40. « Chaque personne possède des ressources et un capital d’adaptation qui lui sont propres. Nous ne sommes pas égaux face au stress ! Chacun possède sa poubelle à toxines, qu’il doit vider. » Un impératif lui permettant de se maintenir dans cette stabilité à laquelle aspire chaque être humain.

Pour Claudine Cousin, sophrologue, médiateur artistique, il est « important de s’occuper de soi, d’équilibrer le temps de travail et le temps de repos, d’utiliser ses sens pour éviter la surchauffe ». D’éviter ainsi de passer en « mode trop ». Important aussi de nourrir des pensées positives, d’apprécier ce que l’on a, de donner du sens à chaque situation et, surtout de « vivre pleinement l’instant présent ».

Qui a eu l’idée ?

Philippe Beaujouan, producteur de noisettes à Roche, est à l’initiative du montage de ce projet. « Que l’on soit chef d’entreprise ou chef d’exploitation, il faut désormais être à la fois technicien, gestionnaire, commerçant, un peu mécanicien et maintenant, et de plus en plus, aussi un administratif. Le tout cumulé, il y a des moments où la pression devient forte. » Si l’on ajoute les conditions climatiques, le premier patron en agriculture, ce stress peut atteindre un niveau difficilement supportable. « À devoir toujours en faire plus, psychologiquement c’est usant ! »

Les délégués MSA de la Beauce

L’équipe des délégués MSA « de la Beauce » : Suzanne Breton, Philippe Beaujouan, Jean Barbier, Guy Terrier, Nicole Laubert et Michel Salmon © Catherine Turgis-Recoursé

Et puis, il y a l’isolement qui s’ajoute pour certaines professions. « À part le comptable, le technicien conseil et le banquier, l’agriculteur n’a que peu de contacts avec l’extérieur ! » Philippe Beaujouan estime donc qu’il doit prendre garde « à conserver une vie sociale et se forcer à prendre du temps pour sa famille, pour lui ». Et si le travail tient un rôle important dans la vie de chacun, ce ne doit pas être notre seule raison de vivre. « Il faut un équilibre. »

La vente directe, son anti-stress

Philippe Beaujouan a trouvé cet équilibre avec le développement d’une activité commerciale qui lui apporte le contact humain et la contrepartie de la solitude. « La vente directe me sort de chez moi », confie-t-il. Lui fait rencontrer d’autres professionnels et surtout lui permet d’échanger avec le consommateur.  « Je me valorise. » Beaucoup plus que, par exemple, le céréalier qui travaille avec des intermédiaires. « C’est mon anti-stress ! », conclut-il. « Le stress est le révélateur d’un mal-être qui peut devenir profond et conduire à des gestes extrêmes. D’où l’objectif de cette soirée : trouver des solutions pour le combattre ! »

L’équipe des délégués compte approfondir son action avec la programmation d’ateliers autour de ce même thème. Avis aux dépités du 5 juin !

--

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *