Imprimer cet article Envoyer cet article

Progression modérée des revenus agricoles en 2016

Les revenus agricoles ont progressé modérément en 2016.

Toutes productions confondues, les revenus professionnels des non-salariés agricoles n’ont progressé que de 1 % en 2016. © Sylvain Cambon/CCMSA Image.

Toutes productions confondues, les revenus professionnels des non-salariés agricoles n’ont progressé que de 1 % en 2016. C’est ce qui ressort, pour l’année 2016, d’une étude publiée en février 2018 par l’observatoire économique et social de la MSA. Hormis le secteur céréalier, qui a connu une diminution de 20,8 %, tous les secteurs ont profité de cet accroissement, mais pas au même rythme.

Les secteurs d’activité

Dans les élevages hors-sol, les revenus professionnels ont fortement augmenté : + 41,9 %. Dans l’élevage laitier, la progression atteint 1,2 %. Les revenus de ces deux secteurs se sont redressés en 2016, après des évolutions très négatives l’année précédente : en 2015, la filière hors-sol avait connu une baisse de 11,7 % et la filière laitière de 30,7 %.

Dans l’élevage à finalité viande et dans la viticulture, ils sont à nouveau en hausse : la progression est de 24,8 % dans la première filière et de 1,7 % dans la seconde.

Dans le secteur des céréales et des cultures industrielles, les revenus ont baissé de 20,8 % en 2016. L’année précédente, ils avaient déjà diminué de 21,5 %.

L’assiette brute des cotisations

Elle a augmenté elle aussi modérément : + 0,5 % entre 2016 et 2017. Base de calcul des cotisations sociales des exploitants, établie à partir des revenus professionnels de l’année 2016 ou de la moyenne de ceux des années 2014, 2015 et 2016, l’assiette brute des cotisations a été tirée à la hausse par celles enregistrées dans plusieurs secteurs d’activité : l’élevage hors-sol (+ 16,6 %), l’élevage pour la viande (+ 11 %), les cultures spécialisées (+ 10,2 %) et la filière équine (+ 8,8 %). En revanche, deux secteurs – les grandes cultures et la polyculture associée à l’élevage – ont fait contrepoids, leurs assiettes ayant évolué de façon très négative, respectivement de – 16 % et de – 4,3 %.

De profondes disparités

Parmi les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricoles imposés au réel et dont les revenus de 2016 sont connus, 19,2 % d’entre eux ont eu des revenus déficitaires en 2016 et 20,1 % un revenu positif n’excédant pas 4 315 euros par an. Un peu plus de 30 % des déficits ont été trouvés dans les grandes cultures, 18,4 % en polyculture associée à de l’élevage et 16,3 % dans l’élevage laitier.

Dans le secteur céréalier, 31,2 % des producteurs étaient en déficit. Ils étaient un sur quatre en polyculture-élevage et un sur six dans le secteur laitier.

Les disparités n’étaient pas uniquement intersectorielles, mais également intra-sectorielles. Ainsi, les grandes cultures et la polyculture-élevage, qui concentraient le plus grand nombre de déficits et le plus grand nombre de chefs en déficit, étaient aussi les filières – avec la viticulture – comptant le plus de chefs avec des revenus professionnels parmi les plus importants. Ainsi, plus d’un céréalier sur cinq avait des revenus parmi les plus élevés en 2016. La proportion était de un sur quatre dans la viticulture et de un sur dix dans la polyculture associée à de l’élevage. La filière céréalière – et dans une moindre mesure la filière viticole – est tributaire non seulement des variations des marchés et des stocks mondiaux, et des aléas climatiques, mais également des mesures politiques et économiques, notamment les embargos.

Anne Pichot de la Marandais

Comments are closed.