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Les paysagistes font face Mal de dos en agriculture (4/7)

L'auditoire

© Samlane Vongprasith


Création, élagage et travaux d’entretien des espaces verts = lombalgies, lumbagos, sciatiques, hernies ? À Dardilly dans le Rhône, le 13 décembre 2012, 15 chefs d’entreprises et formateurs représentant 1 500 salariés ont contredit cette équation.

« On a tous mal au dos », l’aveu de ce chef d’entreprise plante le décor. Les médecins et kinésithérapeutes présents confirment ce constat : 25% des accidents du travail entraînent une pathologie du dos avec 45 jours d’arrêt en moyenne ; la question du mal de dos est abordée en médecine du travail par 9 salariés sur 10.

Il faut dire que les métiers du paysage requièrent force et endurance. Même si l’ergonomie des outils a évolué, levages, mouvements de rotation et vibrations sollicitent énormément la colonne vertébrale qui peut finir par souffrir. Douleur aigue suite à un effort ? Il faut consulter. Une alerte dont il faut éviter la répétition pour ne pas compromettre la reprise du travail (40 % après 6 mois d’arrêt, 15 % après un an), d’autant que dans 2 % des cas elle cache une pathologie plus grave. Des maux évoqués à demi-mot, presque un tabou dans une filière majoritairement masculine, souvent en contrat à durée déterminée, au sein de laquelle l’exigence accrue de rentabilité resserre les plannings de chantiers.

Et s’il fallait alors aborder ces activités physiques comme un sport et faire passer un message de prévention en ce sens dès l’apprentissage ? On le sait, les dix premières minutes comprenant la descente du camion sont les plus difficiles… et les plus risquées, ne serait-ce que par le saut fréquent de la cabine ou de la benne. Si des solutions mécaniques existent (marchepied, poignées), échauffements et étirements constituent, comme chez les athlètes, un moyen supplémentaire de se préparer à des gestes difficiles et répétés tout en conservant son capital physique. Un bon réflexe, encore trop marginal, qui, pour devenir naturel dans les entreprises du secteur, doit être acquis par les futurs et jeunes salariés : la moitié d’entre eux souffrent du dos dès leur apprentissage ! Et puis, sensibiliser et prévenir dès l’école, c’est contribuer à restaurer l’image des travaux paysagistes, soumis aux aléas climatiques et pour lesquels il ne doit plus être coutume de dire « la fatigue est signe d’un travail bien fait ».

Un calendrier de l’avant/après

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Réduire le mal de dos : un intérêt pour chacun. Pour le chef d’entreprise, c’est d’abord préserver la santé et la sécurité de ses salariés et donc diminuer les arrêts de travail et les maladies professionnelles ainsi que les coûts liés à l’absentéisme. Pour le personnel, c’est travailler dans de meilleures conditions, prendre soin de soi et éviter une potentielle perte de salaire. Aussi le service santé sécurité au travail de la MSA Ain-Rhône a-t-il imaginé un agenda pédagogique annuel. Ce support a été réalisé en collaboration avec le centre de réadaptation des Massues de Lyon, spécialisés dans les pathologies du dos. Chaque mois, des conseils pratiques ou des exercices physiques concrets permettent aux professionnels de savoir comment ménager désormais leur organisme. Un flashcode fait le lien avec des vidéos de démonstration sur les sites Youtube et de la caisse. C’est un véritable programme de prévention que chaque chef d’entreprise peut ainsi mettre en place tout au long de l’année 2013.

 

Les douleurs dorsales sur les planches

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Lorsque la compagnie « Les désaxés du théâtre » de Meyzieu (69) s’empare de l’estrade du LEGTA de Dardilly, cela donne cinq scènes de méninges autour des questions que soulèvent certaines situations de travail. Ouvrier bloqué après avoir sauté du camion, jeune en CDD atteint de lombalgie mais refusant la prescription du médecin par crainte de perdre son emploi, refus d’un employé « viril » de s’échauffer avant le début des travaux… les comédiens endossent des rôles que l’audience connaît bien, suscitant chez elle la réflexion et l’échange. Chaque mise en situation a valeur d’exemple et l’on se dit que l’organisation du travail et les mentalités y sont pour beaucoup. Un déclic à opérer pour bien des soulagements !

 

Témoignage

Hubert COPONAT, paysagiste à Chassieu (Rhône)

© Christophe Gatschiné

Hubert COPONAT, paysagiste à Chassieu (Rhône)

« C’est vrai que dans notre métier, on peut vite prendre de mauvaises habitudes. Je travaillais seul avant d’embaucher et j’ai moi-même été opéré deux fois d’une hernie discale. Il faut sensibiliser les jeunes qui rentrent en paysage. Leur profil a évolué : ils ne sont plus forcément issus du milieu agricole et ne connaissent pas les risques liés à nos travaux. J’en ai vu un qui voulait porter seul un sac de 25kg de terreau alors que son collègue était disponible juste à côté !! Encore récemment, l’un de mes apprentis s’est fait une entorse en sautant du camion au lieu d’utiliser le marchepied. »

Lire aussi

 – Mal de dos en agriculture (1/7)

Halte à la douleur ! (2/7)

Deux entreprises témoignent (3/7)

Des gestes simples (5/7)

Attention aux vibrations (6/7)

Formation : le mouton fine un bon coton (7/7)

 

Christophe Gatschiné

One thought on “Les paysagistes font face Mal de dos en agriculture (4/7)

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