Imprimer cet article Envoyer cet article

Nouveaux besoins, nouveaux services Journée nationale MSA à Marseille (7/7)

Journée nationale MSA à Marseille - table ronde sur l'offre de services

© Thierry Borredon/CCMSA Image

Afin de répondre à des besoins peu ou mal couverts sur certains territoires, chaque caisse développe une offre de services ouverte à l’ensemble de la population. Face aux mutations démographiques, économiques et sociétales, le groupe MSA doit adapter cette offre aux besoins émergents, continuer à être pionnier et adopter un positionnement offensif pour innover et rester dans la course.

Besoins spécifiques pour chaque territoire

Portage de repas, garde d’enfants, services d’aide à domicile, formation professionnelle, insertion par l’activité professionnelle, services aux entreprises… l’offre mise en place par le groupe MSA dans le prolongement de sa mission de service public couvre un champ très large et en constante évolution. Plus de 200 structures interviennent sur les territoires. À côté de services « classiques », des activités d’ingénierie sociale ou d’évaluation d’établissements médico-sociaux ont par exemple été développées.

Cette offre ne s’est pas construite au même rythme selon les départements (voir, ci-après, les témoignages des présidents des MSA des Charentes et d’Armorique). Et, si elle bénéficie d’un cadrage institutionnel sécurisé, elle ne propose pas non plus une réponse uniforme au plan national ; elle s’élabore au plus près des populations agricoles et rurales, en fonction des besoins spécifiques de chaque territoire.

« Innovation jalonnée »

Pour autant, le contexte actuel est notamment marqué par une concurrence accrue dans le secteur des services de proximité mais aussi par le vieillissement de la population. Il se traduit par l’arrivée à la retraite d’une génération de seniors exprimant de nouveaux besoins. Face à ces évolutions, l’enjeu pour l’offre de services MSA est non seulement de s’adapter mais d’anticiper et d’innover à la fois dans ses modes d’organisation et dans les services qu’elle développe pour répondre aux besoins émergents et construire l’offre de demain.

Pour aider la MSA dans sa réflexion sur l’enrichissement de l’offre et l’innovation alors qu’elle est confrontée à une frugalité de moyens, Nicolas Menet, du cabinet Adjuvance, a partagé avec les participants son approche d’« innovation jalonnée ». Du bon sens, et pas dans tous les sens ! 

Définissant l’innovation comme « la réponse à un besoin au bon moment, au bon endroit auprès des bonnes personnes », il a exposé sa méthode qui s’opère en quatre étapes : la connaissance précise des cibles, des territoires, des concurrents présents ou susceptibles de s’installer ; la planification pour la pérennisation des activités ; la création d’une offre réellement calibrée ; le déploiement sur le territoire.

« Frappe chirurgicale »

Combien de personnes sont-elles susceptibles de recourir à tel service sur le territoire ? Combien de temps cela va occuper les équipes ? Combien cela va rapporter ? Pendant combien d’années le service pourra-t-il être rendu ?, sont les interrogations à lever, souligne Nicolas Menet. Cette précision, cette « frappe chirurgicale » permet d’être économe en moyens. « Parce qu’on est dans l’innovation frugale, ça ne coûte pas extrêmement cher. »

L’intervenant a mentionné quelques sources accessibles gratuitement en ligne comme l’observatoire des fragilités qui propose une cartographie très précise des territoires, ou la matrice « profils seniors » du cabinet Adjuvance, photographie de la France des seniors. Elle établit neuf profils précis avec des modes de vie et des générations d’appartenance à partir d’une étude réalisée, entre 2014 et 2016, sur 2.000 seniors.

 

Témoignage

Patrick Couillaud, président de la MSA des Charentes

Il y a environ 25 ans, nous étions déjà confrontés à une période où des agriculteurs restaient sur le bord de la route voire partaient faire autre chose. Devant ces situations, il était impératif que nous nous posions la question de savoir comment faire pour exister durablement et rester présents sur les territoires ruraux. C’est la raison pour laquelle, en 1992-1993, nous avons créé des associations « Aider » (association intermédiaire pour le développement d’emplois ruraux) : portage de repas, service de remplacement, groupements d’employeurs, aide à domicile… Il ne s’agit plus des activités de base d’un régime de protection sociale mais de service marchands impliquant des clients en recherche de qualité et de durabilité, et une concurrence de plus en plus vive. Nous sommes toujours aujourd’hui dans une logique de développement d’activités mais certains services sont en phase d’essoufflement.

Par le biais de notre activité de protection sociale, nous avons créé des partenariats avec les communes, les communautés de communes, les départements qui reconnaissent le rôle d’opérateur de la MSA sur les territoires, ce qui nous permet de travailler en étroite collaboration avec des décideurs.

Aujourd’hui, la MSA doit avoir de l’audace pour développer de nouvelles activités. Dans le domaine de la prévention chez les jeunes, nous en sommes encore aux balbutiements et avons un champ à ouvrir dans ce secteur, avec des partenaires tels que les maisons familiales rurales ou les lycées agricoles. La prévention auprès des jeunes est certainement l’un des domaines dans lesquels la MSA n’est pas encore suffisamment allée loin. Et puis, il faut se mettre au diapason de la nouvelle économie, avec une présence de plus en plus importante du digital. Rien n’est acquis ; il faut rebondir pour continuer d’exister.

 

Témoignage

Bernard Simon, président de la MSA d’Armorique

Le développement de notre offre de services en Armorique ne s’est pas fait au même rythme que dans les Charentes. Aujourd’hui, celle-ci génère à peu près un million d’euros de chiffre d’affaires, avec l’équivalent de 40 emplois équivalents temps plein (ETP) impliqués. Elle se positionne sur trois axes principaux : les services à la personne ou aux entreprises, la formation, l’éducation et la prévention à travers les Asept (associations de santé, d’éducation et de prévention sur les territoires).

En tant qu’élu MSA, en tant qu’acteur des territoires, il me semble essentiel qu’il n’y ait pas de territoire oublié, que nous soyons présents, à l’écoute – au travers de notre réseau de délégués, de notre conseil d’administration et de nos représentants salariés et non-salariés – des besoins se faisant jour. Dès lors, l’offre de services représente un outil à notre disposition pour prolonger notre action de protection sociale et mettre en œuvre une activité autonome, pérenne afin de répondre aux attentes de territoires en utilisant les bons supports, en s’adressant aux bons publics et de la bonne manière. Elle nous permet d’être pertinents dans nos réponses.

 

Lire aussi

Nouvelles dynamiques territoriales.Sommaire de notre dossier.

Construire l’avenir. Sur fond d’un environnement très évolutif et d’une recomposition à l’œuvre des territoires, la MSA a souhaité, lors de cette journée nationale, réfléchir à son positionnement pour l’avenir.

Des espaces ruraux qui évoluent. Le regard de François Purseigle, professeur des universités en sociologie à l’Institut national polytechnique de Toulouse.

Double casquette. De nombreux délégués MSA sont aussi élus de collectivités territoriales. Complémentarité des engagements, avis sur la réforme territoriale… Le point de vue de quelques-uns d’entre eux.

La réforme territoriale. Elle s’est incarnée dans trois lois récentes – loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam) ; loi portant délimitation des régions ; loi portant nouvelle organisation territoriale de la République.

Une aide à la décision. Pour légitimer une démarche globale sur un territoire, offrir les bons services au bon endroit, la MSA recourt à des diagnostics, recueils de données quantitatives et objectives (cartographie) et qualitatives (entretiens en groupe ou individuels). Illustrations.

--

Comments are closed.