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Point de vue de Dominique Marmier Un réseau de mutuelles pour les cotonculteurs burkinabè (7/7)

Dominique Marmier, administrateur de la caisse centrale de la MSA.

Dominique Marmier, administrateur de la caisse centrale de la MSA. © Gildas Bellet

Dominique Marmier, producteur de lait en Franche-Comté, est administrateur de la caisse centrale de la MSA (CCMSA). Il a suivi, depuis 2010, ce projet de coopération au Burkina Faso et a représenté le président de la CCMSA à l’occasion des différents comités de pilotage et de la conférence finale qui a eu lieu le 4 décembre 2013 à Bobo-Dioulasso. Regard sur cinq ans de travail commun.

À travers ce projet, nous avons largement répondu aux objectifs assignés par l’Union européenne. Quatre mutuelles existent aujourd’hui avec près de 8 000 bénéficiaires à jour de leur cotisation. Pour la MSA, il s’est agi d’un investissement fort afin de faire aboutir un projet reposant sur un régime mutualiste. Une organisation certes minoritaire dans notre système de protection sociale mais qui a trouvé sa pertinence pour les populations de travailleurs indépendants, exigeantes sur l’affectation du revenu de leur travail et sur sa gestion. Une organisation par laquelle les gens prennent en main leur destinée et n’hésitent pas à exercer leurs responsabilités – une valeur très forte du mutualisme.

Diffuser les valeurs du mutualisme

Accompagner la création de ces mutuelles de santé a été pour nous l’occasion d’un retour à nos origines et nos fondamentaux. Il y a beaucoup de similitudes entre l’attitude des agriculteurs français et celle des cotonculteurs inscrits dans les mutuelles. Avec bien sûr des interrogations au préalable : « On cotise, pourquoi faire, comment ? ». À chaque fois que l’on s’engage, c’est un investissement, notamment financier. Il faut comprendre le sens de cet engagement, et quelques années sont certainement nécessaires pour se l’approprier.

Les valeurs qui fondent le mutualisme nous sont chères et nous avons envie de les diffuser. C’est une satisfaction pour la MSA de transmettre au-delà des frontières ses valeurs d’équité, de responsabilité, et de voir que, petit à petit, la population burkinabè s’en est saisie. L’enrichissement a été réciproque pour les organisations et les personnels au travers de nombreux échanges qui ont eu lieu sur cinq ans.

Rester à l’écoute de la base

Reste maintenant à pérenniser ces mutuelles. Pour cela, une très grande rigueur dans la gestion est impérative afin que la confiance des mutualistes perdure ; le respect des instances et des intervenants doit aussi être assuré. Il faut en outre rester à l’écoute de la base et choisir des responsables qui souhaitent réellement s’investir : les mutuelles sont jeunes et ont besoin d’élus qui ont envie de partager le sens et les valeurs qu’elles sous-tendent.

 

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Sommaire de notre dossier. Mutuelles de santé au Burkina Faso.

Les cotonculteurs s’engagent pour leur santé. Au Burkina Faso, la population agricole et rurale ne bénéficie pas d’une couverture sociale et a du mal à accéder à des soins. Pour inverser la tendance, quatre mutuelles de santé ont été créées dans le sud-ouest de pays. Une initiative professionnelle solidaire qui a bénéficié de l’expertise de la MSA.

Témoignage d’Harouna Padiene, responsable de l’antenne du Réseau d’appui aux mutuelles de santé de Bobo-Dioulasso, partenaire local de toutes les étapes.

En quelques dates. Retour sur les grandes étapes du projet.

Une protection sociale en devenir. Le gouvernement burkinabè envisage de s’appuyer sur les initiatives de création de mutuelles pour bâtir une assurance maladie universelle et permettre ainsi un large accès des populations aux soins de santé.

« La maladie n’a pas de date ». Interview de Karim Traore, président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB).

 

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