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#PromeneursduNet : le hashtag à suivre

© Franck Rozé

© Franck Rozé

La présence éducative sur Internet auprès des jeunes ruraux est un enjeu dans lequel la MSA souhaite s’impliquer. À travers la généralisation du dispositif des Promeneurs du Net initiée dans quelques départements par les CAF, la protection sociale du monde agricole et ses partenaires sur les territoires ont aussi leur carte à jouer dans le champ de l’inclusion numérique.

Côté cour, sur grand écran, des messages défilent en respectant la contrainte des 140 signes. Dès l’ouverture de cette journée nationale qui se tient au Palais d’Auron de Bourges, ce mardi 27 septembre, les gazouillis de la twittosphère présente s’emballent au rythme des « #PromeneursduNet » (PdN). Puisque la tendance s’oriente vers la concision et le picorage, proposons donc un florilège d’explications et de propos tenus tout au long de cette manifestation par mots-clés, ou par hashtags.

#PromeneursduNet. Qui sont-ils, que font-ils ? Éducateurs, animateurs, travailleurs sociaux, ou plus largement professionnels de la jeunesse, ils prolongent leur présence éducative dans le réel sur la Toile, dans « la rue numérique ». Pour ce faire, ils investissent les différents réseaux sociaux — Facebook, Instagram, Snapchat, Twitter… — ou les espaces de partage, comme les jeux en ligne. Pas nécessaire d’être un geek non plus. « Les jeunes nous invitent à rejoindre leurs réseaux parce qu’ils nous connaissent dans la vie, explique Yann Le Gall, médiateur numérique au Village des enfants et coordinateur local des PdN de Cherbourg-Octeville, dans la Manche. La majeure partie de nos conversations sont du bavardage. Les problèmes sont rares. Cependant, l’absence de face-à-face dans la relation numérique va désinhiber les propos des jeunes. » Ce qui permet éventuellement de proposer un rendez-vous en présentiel par la suite. « Les Promeneurs du Net sont complémentaires des centres sociaux, le numérique ne remplace pas les contacts physiques », rappelait d’ailleurs Daniel Lenoir, directeur général de la Cnaf, lors de la première table ronde.

#TheWebWalkers. Projet expérimental européen consistant, entre autres, à la création et à l’évaluation d’outils de formation à destination des PdN, « The Web Walkers » est porté par la Cnaf, via sa mission des relations européennes, internationales et de la coopération (Mreic). Il réunit notamment des acteurs suédois, finlandais et néerlandais. « Le principe, c’est d’exporter en l’adaptant le dispositif dans toute l’Europe, sous l’ange de la prévention de la radicalisation », indiquait Jean-Benoît Dujol, délégué interministériel à la jeunesse. Le projet a passé la première étape de présélection des candidatures par l’agence Erasmus de la commission européenne, en vue de l’obtention de son soutien financier. La sélection interviendra en novembre 2016.

Le Palais d'Auron de Bourges © Franck Rozé

Le Palais d’Auron de Bourges © Franck Rozé

#LaMSApartenaire. Bruno Lachesnaie, directeur du développement sanitaire et social à la CCMSA, s’est posé en encenseur : « c’est une super-innovation ! ». « La MSA va s’impliquer, a-t-il promis. Nous allons étudier les modalités d’articulation avec la stratégie partenariale des PdN et nous mobiliserons nos réseaux en milieu rural : les associations, les collectivités territoriales et l’enseignement agricole, qui est un acteur très dynamique sur tous les projets éducatifs. » L’accès à Internet des jeunes en milieu rural est une préoccupation forte de la MSA. « Le Net permet de réduire la distance avec les centres ressources (formation, services…). C’est un outil de socialisation rencontrer ses pairs et d’autres générations un outil de collaboration construire des projets ensemble un lien pérenne avec le territoire et un outil d’insertion économique. » Un discours qui trouve un écho favorable à la Cnaf. « Aujourd’hui, nous avons décidé, avec nos partenaires dont la MSA, de généraliser les PdN, en mettant à leur disposition des outils : un guide d’aide au déploiement, un film, des affiches… », abondait Daniel Lenoir.

#GenèsedesPdN. En 2011, Béatrice Martellière, directrice de la Caf du Morbihan, importe l’idée de Suède, où l’association Fryshuset développe l’initiative « Nätvandrarna » depuis une dizaine d’années. Dans ce pays, la présence éducative sur Internet peut aussi bien être assurée par des « travailleurs sociaux, des enseignants, voire des policiers ou des membres de l’Église », confie Linda, de Fryshuset. Mais elle reconnaît les qualités de la méthode française : « Le guide d’aide au déploiement est un excellent outil de transfert. Vous disposez d’outils d’évaluation et vous savez aller à la rencontre des partenaires, des élus locaux ». Une force déjà mise en œuvre par cinq Caf : développée par la Caf et le conseil départemental de la Manche en 2012, par celle du Cher en 2014, en lien avec la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (Ddcspp) et le conseil départemental, par la Caf du Morbihan en 2015 et celle de l’Ardèche en 2016. A noter que la MSA Ardèche Drôme Loire s’est impliquée aux côtés d’autres partenaires sur la mise en place d’un portail d’info jeunesse bi-départemental (Ardèche/Drôme) à l’initiative des deux conseils départementaux. La MSA co-finance ce dispositif qui sera mis en place et animé par le centre régional information jeunesse (Crij).

#LavisduPsy. Vanessa Lalo est psychologue clinicienne, spécialiste du numérique éducatif. Elle est engagée dans l’accompagnement (formation & analyse des pratiques). « Les réseaux sociaux permettent de maintenir le lien, analyse-t-elle. Avec ce journal de bord de soi, on ne meurt jamais. On a la main : on choisit à quel moment on veut laisser des traces de vie qui rythment notre manière de nous construire. Il faut remettre cet outil à sa place : nous montrons trop les dangers en oubliant de développer les usages pertinents. Les jeunes ont de nouvelles attentes, ils ont envie de s’exprimer, de créer. Avec Internet, ils deviennent coproducteurs de contenus, ils se lancent des défis… Les adultes n’ont pas compris. Ils restent dans une posture défensive. L’enjeu est désormais d’apprivoiser ces outils pour accompagner les jeunes dans leur réalité et pas à travers nos fantasmes d’adultes. »

Franck Rozé

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