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Rap et chansigne Handisportez-vous bien ! (suite)

chanteur et chansigneuse

Grâce à Erremsi — le chanteur, et Laëty la chansigneuse, la langue des signes et le rap se sont croisés le samedi 9 juin le temps d’un concert à Saint-Marcellin. © Alexandre Roger / Le Bimsa

Grâce à Radikal MC — alias Erremsi — le chanteur, et Laëty la chansigneuse, la langue des signes et le rap se sont croisés le samedi 9 juin le temps d’un concert à Saint-Marcellin. Dans la salle, sourds et entendants étaient côte à côte.

Cette union est déjà une victoire pour les organisateurs des olympiades handisport et pour les deux artistes. Le principe du chansigne est de chanter avec ses mains en langue des signes. « On ne fait pas de la musique pour les sourds mais un concert bilingue, même si le hip-hop va naturellement générer des vibrations perçues par les personnes sourdes », tiennent-ils à préciser. Ils sont venus défendre l’album Lever l’encre.

Concert bilingue

« Toutes les chansons sont bilingues car les sourds sont sourds tout le temps », explique Laëty, artiste, qui signe depuis l’âge de ses 15 ans et chansigne depuis 2007. Les deux collaborent depuis deux ans. « Français et langue des signes, ces deux langues sont les nôtres. Ce sont aussi les deux cultures qu’on défend, précise Erremsi. Mes parents sont sourds. Je ne le suis pas mais je connais la valeur de pouvoir m’exprimer vocalement. En collaborant avec Laëty, je ne me suis pas éloigné de mon hip-hop et je me suis rapproché de ma langue des signes. Mes parents sont fiers de moi pour ça. Ils font partie d’une génération qui signait en cachette car c’était interdit. Pour exercer mes oreilles, puisqu’ils ne pouvaient pas s’exprimer par la voix avec moi, très tôt, ils m’ont mis de la musique dans les oreilles. Funk, soul, salsa et beaucoup de chansons de Michael Jackson. Les sourds adorent le roi de la pop car c’est un artiste très visuel. Mon addiction à la musique vient de là. » Leur message : « Entendant, pas entendant, handicap ou pas handicap, la question c’est : est-ce que tu t’acceptes avec toute ta complexité ? »

Alexandre Roger

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