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Renforcer l’accès aux soins

© MSA Dordogne, Lot et Garonne

Pour répondre aux exigences du gouvernement en matière d’accès aux soins sur les territoires, la MSA met en avant son expertise technique, son réseau d’élus et sa capacité d’innovation. La visite de la délégation parlementaire dédiée, le 5 avril, dans le Lot-et-Garonne, a permis à l’ARCMSA Nouvelle Aquitaine de présenter ses actions d’accompagnement des maisons de santé pluriprofessionnelles et de l’activité coordonnée, de promotion de l’exercice en milieu rural et sa méthodologie de diagnostic territorial.

« Nos 750 élus, c’est notre carte de visite, estime Claudine Faure, présidente de la MSA Dordogne, Lot et Garonne. Si vous me demandez comment va une petite mamie dans un village de la Dordogne, en trente minutes, avec notre réseau, je peux vous répondre. » Un argumentaire qui n’aurait pas déplu aux membres de la délégation parlementaire « accès aux soins » venus prendre la température, à Casteljaloux, le 5 avril, du déploiement du plan éponyme sur les territoires ruraux¹.

Le 13 octobre 2017, le Premier ministre et la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, lancent le plan pour l’égal accès aux soins dans les territoires. Quatre axes sont déclarés prioritaires : le renforcement de l’offre de soins au service des patients par une présence médicale et soignante accrue ; la mise en oeuvre de la révolution numérique en santé, pour abolir les distances ; une meilleure organisation des professions de santé, pour assurer une continuité des soins ; une nouvelle méthode articulée autour de la confiance accordée aux acteurs des territoires, pour construire des projets et innover dans le cadre d’une responsabilité territoriale.

La démarche vise à doter chaque territoire d’un projet de santé sur mesure. Cela passe, respectivement et concrètement, par aider et inciter financièrement les professionnels de santé à s’installer dans les territoires où l’offre de soins est insuffisante (un budget de 200 millions d’euros est débloqué sur le quinquennat) ; développer la télémédecine (l’inscrire dans le droit commun et lancer les négociations conventionnelles pour adapter sa tarification) ; soutenir le développement des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), des centres de santé et de tous les modes d’exercice coordonné (doublement des structures en cinq ans) ; coconstruire un projet d’animation et d’aménagement du territoire par tous les professionnels de santé, les usagers, les institutions et les élus des territoires. Entre autres. 

Pour coller à la morphologie du milieu rural, il faut en connaître les besoins. Acteur de référence sur cet espace et reconnu comme tel par les pouvoirs publics, la MSA fait valoir le réseau de ses délégués, d’une part, son expertise technique, d’autre part. Pour l’illustrer, à la demande de l’agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, Claude Chaussée, directrice déléguée de l’association régionale des caisses de Mutualité sociale agricole concernées, invite Claudine Faure et Francis Largeaud, premier vice-président de la MSA Gironde, à présenter le guichet unique et le rôle des délégués cantonaux. Par ailleurs, une large place est dédiée aux actions développées sur ce thème dans la région. 

Pour le Limousin, les docteurs Marie-Christine Haulot et Virginie De Sousa présentent deux axes de travail : l’accompagnement des maisons de santé et la promotion de l’exercice en milieu rural. En mars 2018, on compte 1 026 maisons de santé en France et 248 projets. Pour sa part, la MSA accompagne ou a accompagné 187 d’entre elles. La MSA du Limousin intervient depuis dix ans : elle a réalisé 14 projets.

Trois grands principes sous-tendent les accompagnements : ils sont soumis à l’accord préalable de l’ARS ; ils portent principalement sur les professionnels de santé (pas de plus-value dans une programmation immobilière) ; ils sont basés sur l’écoute des professionnels de terrain. Le rôle des accompagnants — deux médecins du contrôle médical — est alors de les guider dans leur réflexion, afin que le projet de santé et le projet professionnel qu’ils élaborent soient compatibles avec le cahier des charges national des maisons de santé pluriprofessionnelles. 

La méthodologie d’ingénierie se fait en deux temps : un diagnostic territorial réalisé en partenariat avec l’observatoire régional de santé, en premier lieu, puis des questionnaires envoyés aux professionnels de santé de la zone concernée, en second lieu. Des entretiens individuels avec ces derniers — ceux qui ont répondu favorablement — et des rencontres avec les élus locaux parachèvent la démarche, pour aboutir à la rédaction d’un diagnostic complet et global. Celui-ci préconise une stratégie territoriale d’organisation de l’offre de soins. Le projet global — qui comporte notamment le projet de santé et la programmation architecturale et financière — doit au final être validé par l’ARS.

© MSA Dordogne, Lot et Garonne

La MSA du Limousin accompagne également des professionnels dans leur projet d’exercice coordonné sans projet immobilier. Concernant la promotion de l’exercice en milieu rural, la caisse intervient auprès des internes de médecine générale (IMG), des écoles d’infirmiers et des étudiants masseurs-kinésithérapeutes : cours à la fac dans le cadre du module « sécurité sociale », accueil de stagiaires IMG au contrôle médical (60 % des effectifs de la promotion 2017), échanges entre étudiants et kinésithérapeutes exerçant en milieu rural… Le travail de la MSA du Limousin ne s’arrête pas là, puisqu’elle déploie également la démarche de diagnostic territorial. 

Autres actions développées dans la région Nouvelle Aquitaine, celles présentées par le docteur Christian Pougel pour la MSA Sud Aquitaine. Deux exemples d’intervention sur l’offre de soins primaires en milieu rural : la première, dans le cadre d’une convention de partenariat entre la MSP de Labrit (village de 870 habitants au nord de Mont-de-Marsan), la MSA, l’ARS Nouvelle Aquitaine, la Cpam 40, le centre de coordination des dépistages des cancers et la Ligue contre le cancer des Landes. 

L’objectif est la mise en place de réunions de sensibilisation sur des thématiques de prévention primaire et secondaire, à destination des professionnels de la MSP et des populations du territoire : forum prévention des maladies cardiovasculaires chez la femme, conférence débat coanimée par les élus de la MSA sur les cancers féminins à Labrit, la maladie de Lyme à Sabres… 

La seconde intervention prend la forme de formations d’une demi-journée en MSA. Elles sont destinées aux IMG (stagiaires chez des médecins généralistes libéraux). Elles s’inscrivent dans la convention signée entre la MSA et le département de médecine générale de la faculté de médecine de l’Université Bordeaux II. Parmi les thèmes abordés : l’installation en milieu rural et les projets de santé des MSP, des exemples concrets, les atouts, les points de vigilance, les causes d’échec. Sont également abordées les spécificités du régime agricole et de la législation médico-administrative de la MSA. 

Au plan national, auprès du ministère des Solidarités et de la Santé, et de la Cnam, la MSA marque sa volonté de s’investir pleinement dans la stratégie de transformation du système de santé et, en particulier, dans le plan pour renforcer l’accès aux soins, aux côtés des partenaires. Elle propose, entre autres, d’intégrer les treize « guichets uniques » régionaux d’information et d’orientation pour l’exercice des professionnels de santé2, et d’amplifier sa contribution à la coordination des soins sur les territoires ruraux, notamment son travail d’accompagnement de l’exercice coordonné.

Sur ce dernier point, la MSA souhaite faire bénéficier le réseau de l’expérience des MSA Beauce Cœur de Loire et Grand Sud en cours d’accompagnement à la création de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) sur les territoires du sud Eure-et-Loire et de Prades dans les Pyrénées-Orientales — en lien avec les unions régionales de professionnels de santé, les ARS et divers partenaires.

Ce dispositif constitue potentiellement un outil majeur pour assurer un bon déroulement des parcours des patients, en développant l’exercice coordonné des professionnels de santé de ville et les liens entre la ville, l’hôpital et le médico-social. Un travail d’instruction est en cours sur les modalités de contribution de la MSA à la stratégie de l’état de déploiement territorial des CPTS.

 

(1) Thomas Mesnier, député de Charente, Élisabeth Doineau, sénatrice de Mayenne, Sophie Augros, médecin généraliste en Savoie, Ève Robert, inspectrice générale des affaires sociales, Nathalie Schneider, chargée de mission offre premier recours à la direction générale de l’offre de soins.

(2) Ce « guichet unique » se présente comme un point d’entrée facilement identifiable par les professionnels de santé. Il a pour but de les informer, de les orienter et de les accompagner dans toutes leurs démarches, de l’installation à la retraite ou au cumul emploi retraite, en passant par l’exercice regroupé ou coordonné, les remplacements, l’hébergement des stagiaires, etc.

Franck Rozé

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