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Seniors: plus que jamais à la page

Durant la cérémonie, Gérard Vilain a passé la parole à de nombreuses personnalités, dont Dominique Bussereau, président de l’assemblée des départements de France et ancien ministre, ou encore Patrick Bernasconi, président du Cese © Jérémy Lemière

Durant la cérémonie, Gérard Vilain a passé la parole à de nombreuses personnalités, dont Dominique Bussereau, président de l’assemblée des départements de France et ancien ministre, ou encore Patrick Bernasconi, président du Cese © Jérémy Lemière

Les présidents des fédérations départementales et des unions régionales de Générations mouvement ont pris place dans l’hémicycle du Conseil économique, social et environnemental à l’occasion des 40 ans de l’association. Un après-midi de bilan mais aussi de projections vers l’avenir.


« Avec nous, la vie associative devient un plaisir. » Gérard Vilain, président de Générations mouvement, rappelle, à la tribune du Conseil économique, social et environnemental (Cese), le slogan de l’association lors de son discours d’ouverture de la cérémonie d’anniversaire. Forcément, quand on a 40 ans, il faut marquer le coup. D’abord en choisissant un lieu « symbolique et représentatif de la démocratie », explique-t-il. Puis, en invitant des personnalités à la hauteur de l’événement : Pascal Cormery, président de la MSA, Jean-Yves Dagès, président de Groupama, Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des départements de France et ancien ministre, ou encore Pascale Boistard, secrétaire d’État aux Personnes âgées et à l’Autonomie. Une manifestation qui permet aux participants de se retrouver et de conforter le lien entre eux.

Raffermir le lien social

Cet anniversaire aux accents politiques permet de dresser un bilan des dernières initiatives mises en place sur le territoire, mais aussi de définir les contours des projets de demain. Pour cela, Gérard Vilain évoque les 83 fédérations départementales, les 650 000 adhérents et les 100 000 bénévoles, et rappelle les trois principaux objectifs de l’association : rompre l’isolement des seniors, renforcer le lien intergénérationnel et lutter contre la fracture numérique. Autant de problématiques auxquelles Générations
mouvement tente de répondre. Mais aucun doute quant à la réussite de ces objectifs.

Générations mouvement, anciennement Les Aînés Ruraux, s’adapte aux évolutions de la société depuis sa création, en 1976, sous l’impulsion de la MSA et de Groupama. Pour Pascal Cormery, l’association et le régime agricole partagent de nombreux points communs, à commencer par l’importance du rôle des retraités au sein de la société : « S’engager auprès des jeunes générations est essentiel. C’est même un devoir qui nous incombe de faire le lien entre les seniors et les plus jeunes. En cette période, c’est à eux de leur adresser un message d’optimisme. » Même écho pour Vanik Berberian, président de l’association des maires ruraux de France : « Les aînés ont la chance de pouvoir relativiser, d’avoir du recul sur les choses et ça peut être très utile pour les plus jeunes. »

Pour étayer ces paroles, Gérard Vilain appelle une poignée de présidents de fédérations départementales pour témoigner de leurs actions de terrain. Outre la lutte contre la fracture numérique et la lecture intergénérationnelle (voir témoignages) ou l’accès facilité à des vacances, beaucoup d’entre elles visent à raffermir le lien social, comme dans le Tarn-et-Garonne. Un diagnostic auprès des seniors a révélé que beaucoup d’entre eux se sentaient seuls. La mise en place d’un réseau de visites à domicile, en partenariat avec la MSA Midi-Pyrénées Nord, vient en aide à ces personnes isolées. Les bénévoles passent quelques heures pour discuter, échanger et surtout pour rompre la solitude dans lesquels certains seniors s’enferment. Labellisée Monalisa, l’initiative pourrait disposer de plus de moyens pour être déployée sur une plus grande zone géographique.

« Le monde change, changeons le monde »

Plus proche de l’actualité, la Fédération internationale des associations de personnes âgées (Fiapa) s’est tournée vers Générations mouvement à la suite des attentats de Nice. Un rapprochement dans le but de mettre en place un numéro de téléphone où des spécialistes sont à l’écoute des seniors traumatisés par les événements. Alain Koskas, expert psychanalyste et gérontologue de la Fiapa, souligne la nécessité de cette action : « Il faut prendre en compte le choc post-traumatique des plus âgés. Ils peuvent être très affectés et on n’y pense pas forcément. Avec Générations mouvement, on a pu anticiper des situations de stress importantes. » D’autres actions sont présentées et prouvent le vaste champ d’action de l’association qui n’hésite pas à évoluer pour coller à la société et pour montrer que les seniors sont une composante essentielle de la société : « Le monde change, changeons le monde », déclare Gérard Vilain en fin de discours.

À 40 ans, l’association a évidemment de beaux jours devant elle. Et quand on demande à son président comment il envisage les prochaines décennies, il imagine sans détour Générations mouvement comme « le premier réseau social senior. Ce serait un bel objectif quand même ».

Rencontre avec…

Yolande Cagna-Guesdon, présidente de la fédération Générations mouvement de l’Orne.

Yolande

Aujourd’hui, les bibliothèques privées se composent aussi bien d’ouvrages physiques que de livres numériques. Et si aux liseuses manque le charme de tourner des centaines de pages, l’essentiel est que la littérature perdure. Mais le goût de la lecture n’a rien d’inné. Et les plus jeunes s’en trouvent parfois bien éloignés. Dans l’Orne, la fédération départementale Générations mouvement s’est rapprochée de l’association Lire et faire lire, avec laquelle elle a signé un partenariat pour initier les jeunes au 5e art : « Depuis dix ans, nous proposons à nos adhérents de participer à des ateliers de lecture pour les jeunes, explique Yolande Cagna-Guesdon.

Cela apporte beaucoup aux enfants et éveille leur curiosité, mais ça apporte autant aux bénévoles. Être au contact des plus jeunes leur permet de rompre leur isolement. La lecture est une activité très symbolique. Je pense qu’elle peut sauver le monde. » Sur les différents cantons ornais, ils sont près de 50 bénévoles à participer à ces ateliers et la fédération entend bien rajeunir ses effectifs pour inclure toujours plus les seniors dans la société.

 

Jean-Louis Gay, présidente de la fédération Générations mouvement des Deux-Sèvres.

Jean louisLa vie se dématérialise, c’est un fait. Aujourd’hui, il est possible de faire ses courses en ligne, de passer un appel vidéo à l’autre bout du monde ou de partager les photos de ses dernières vacances. Rien d’indispensable en somme. Mais comme tout va désormais très vite, les administrations passent progressivement le cap du tout numérique. « Certains formulaires ne sont disponibles qu’en version numérique, constate Jean-Louis Gay. Et cette tendance devrait continuer. Malheureusement, il n’y a pas d’égalité parfaite dans l’accès à Internet entre les générations, mais aussi entre les territoires. Et ce sont les seniors ruraux qui en pâtissent le plus. »

Fort de ce constat, la fédération a ouvert, à Melle, un local où du matériel informatique et une connexion Internet sont à disposition de tous durant deux heures, trois fois par semaine. « Chacun peut réaliser des démarches administratives, envoyer des mails, imprimer des documents ou ouvrir un compte sur un réseau social, poursuit-il. Ça leur permet de rester en contact avec leurs proches et de se familiariser à l’informatique à leur rythme. »
Deux bénévoles sont présents lors de ces permanences pour accompagner et aider les usagers. Un succès pour le moment, qui devrait s’étendre avec la mise en place autour du local de tables et de bancs pour accéder à Internet via le wifi en dehors des
horaires d’ouverture.

 

Jérémy Lemière

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