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Témoignage d’Harouna Padiene Un réseau de mutuelles pour les cotonculteurs burkinabè (3/7)

Harouna Padiene, responsable de l'antenne du réseau d'appui aux mutuelles de santé de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso)

© Gildas Bellet

Harouna Padiene est responsable de l’antenne du Rams (réseau d’appui aux mutuelles de santé) de Bobo-Dioulasso, partenaire local de toutes les étapes. Il explique les missions du Rams et le travail entrepris pour accompagner la création des mutuelles pour les cotonculteurs.

La mission principale du Rams est de promouvoir, développer et dynamiser les mutuelles de santé au Burkina Faso afin de permettre un accès des populations à des soins de santé de qualité. L’antenne de Bobo-Dioulasso accompagne, outre les mutuelles des cotonculteurs, trois autres mutuelles nées de l’initiative de communautés qui nous ont sollicités pour que nous les aidions dans leurs projets.

Sensibilisation, formation, négociation

Celles bâties avec la filière des cotonculteurs présentent un avantage car ceux-ci sont bien organisés. Il y a une confiance de la population, le message passe vite et mieux, du haut jusqu’en bas. Nous nous sommes calqués sur leur organisation pour construire les mutuelles. Et comme elles sont professionnelles, cela facilite la collecte des cotisations. Le taux de recouvrement est élevé, ce qui est moins le cas dans les mutuelles communautaires.

Pour les créer, un cahier des charges bien précis existe. D’abord des études de viabilité, puis la sensibilisation, la formation des acteurs (les agents de santé, les organes de gestion : bureau, comité exécutif, cellule de base) pour la compréhension du fonctionnement des mutuelles, l’élaboration des textes. Nous assurons aussi la négociation des conventions de soins. Les taux de prise en charge des prestations offertes ressortent dans ces textes : la consultation est prise en charge à 100% de même que l’accouchement. Il existe un ticket modérateur de 25 % pour trois postes : médicaments, mise en observation, petite chirurgie. Nous avons signé 35 conventions, dont deux en 2013.

Taux de fréquentation élevé

Un suivi régulier des mutuelles est assuré : au niveau administratif (nous exigeons que les rencontres statutaires – bureau, conseil d’administration, assemblée générale – soient tenues et nous y participons) ; au niveau de la gestion (appui et conseils aux gestionnaires pour la rédaction des rapports d’activité par exemple, pour le suivi des dépenses de fonctionnement des mutuelles) ; au niveau comptable (en suivant les préconisations formulées par les experts MSA sur ces aspects) ; au niveau des relations entre les mutuelles et les centres de santé – chaque semestre, nous les regroupons pour discuter de l’ensemble des problèmes.

Les constats sont très encourageants. Avant la constitution de la première mutuelle de santé de Karangasso-Sambla, il y avait peu de recours aux centres de santé, qui enregistrent désormais un taux de fréquentation élevé.

Aller au centre de santé est devenu un réflexe quand un problème survient. Même au niveau du ministère, il y a des témoignages en ce sens. Des olympiades sont organisées pour récompenser les meilleurs centres de santé et de promotion sociale ; ceux qui arrivent en tête sont liés à des mutuelles.

 

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Sommaire de notre dossier. Mutuelles de santé au Burkina Faso.

Les cotonculteurs s’engagent pour leur santé. Au Burkina Faso, la population agricole et rurale ne bénéficie pas d’une couverture sociale et a du mal à accéder à des soins. Pour inverser la tendance, quatre mutuelles de santé ont été créées dans le sud-ouest de pays. Une initiative professionnelle solidaire qui a bénéficié de l’expertise de la MSA.

En quelques dates. Retour sur les grandes étapes du projet.

Une protection sociale en devenir. Le gouvernement burkinabè envisage de s’appuyer sur les initiatives de création de mutuelles pour bâtir une assurance maladie universelle et permettre ainsi un large accès des populations aux soins de santé.

« La maladie n’a pas de date ». Interview de Karim Traore, président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB).

Point de vue de Dominique Marmier. Producteur de lait en Franche-Comté, il est administrateur de la caisse centrale de la MSA et a suivi, depuis 2010, ce projet de coopération au Burkina Faso. Regard sur cinq ans de travail commun.

Gildas Bellet

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