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TMS : des causes plurielles.

Sylvie Pocachard

Avant tout : "Varier les activités et casser les gestes répétitifs".

Les explications de Sylvie Pocachard, médecin du travail à la MSA Ardèche Drôme Loire.

Ce sont les risques du métier et il est normal d’avoir un peu mal ! Oui, mais ! Aujourd’hui, les TMS représentent la première pathologie professionnelle dans le monde et 91 % des maladies professionnelles en agriculture, en recrudescence de 20% depuis 10 ans, loin devant l’intoxication par les produits phytosanitaires. Un sujet à examiner donc, et de près.

Il y a quarante ans, avance le docteur Sylvie Pocachard, il paraissait admis que le développement de ces maladies résidait dans les spécificités de certains métiers (bouchers, violonistes…). Or plusieurs études épidémiologiques ont démontré que plus que le métier, ce sont les différentes sollicitations induites par l’activité du travail qui doivent être incriminées, notamment celles sollicitant les articulations de façon prolongée. Par ailleurs, les années 80 ont été le théâtre d’une très forte augmentation des cas de TMS, parallèlement à de nouvelles formes d’organisation du travail plus tendues, plus stressantes. »

Récupérer.

Les causes seraient donc plurielles, mariant la répétitivité des gestes, le port des charges lourdes, les mauvaises postures, les vibrations, à des facteurs plus personnels, liés à la vie privée, comme la mauvaise hygiène de vie ou bien la maladie. « Quand on ne s’arrête jamais, qu’on ne s’écoute pas, on ne permet pas à son corps de récupérer et on tire sur une corde qui finit par craquer. » Autre facteur aggravant, le froid qui entraîne déperdition d’énergie ; mais aussi, dans un tout autre registre, les facteurs organisationnels ou psychosociaux sur fond de pression économique : « Or quand on cherche à aller plus vite, on finit par aller moins vite et tomber en arrêt de travail. »

Informer.

Conséquence : on souffre, il faut pourtant tenir, on prend des médicaments, on va voir le médecin, on s’absente, d’où des coûts induits pour la sécurité sociale et une baisse de productivité pour l’entreprise, où des remplacements doivent être organisés. « Face à un problème de pathologie de type TMS, précise Sylvie Pocachard, les patients devraient informer leur médecin traitant dans les plus brefs délais afin qu’il prenne contact avec nous et que le trouble ne s’aggrave pas. Mais si l’adaptation d’un poste de travail est facilement envisageable en grande entreprise, il n’est pas évident du tout dans les entreprises de petite taille où le salarié risque de perdre son emploi, d’être reconnu inapte ou de devoir envisager une reconversion. »

Des solutions existent, souvent faites de petits rien comme s’écouter, commencer l’activité par des gestes d’échauffement, varier les positions, les activités, casser les gestes répétitifs, alterner les tâches différentes, organiser des pauses… et boire beaucoup d’eau, un vrai remède contre la tendinite.

Bernard Gazé

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One thought on “TMS : des causes plurielles.

  1. Effectivement, les TMS sont un fléau, de plus en plus en plus présent dans les entreprises. Pour ma part, c’est l’industrie. L’ergonomie des postes de travail commence à être abordé, mais pas partout.

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