Imprimer cet article Envoyer cet article

Un coup de fil pour un vaccin

Professionnel de santé en entretien téléphonique

© BakiBG/iStock/CCMSA Image

Dans le cadre de la campagne de vaccination contre la grippe, la MSA a mené des entretiens « motivationnels » auprès de 2 000 adhérents non vaccinés âgés de 65 à 69 ans. Objectif : informer et motiver cette population vulnérable au virus de la grippe pour laquelle le taux de vaccination est trop faible.

Des chiffres inquiétants

Dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 22 octobre 2017, Santé publique France rappelle que la population des seniors de 65 à 75 ans ne se vaccine contre la grippe qu’à hauteur de 46 % (53 % pour les plus de 65 ans au régime agricole) en 2016, malgré les risques encourus. Pourtant, dans cette même étude, les personnes interrogées sont 81 % à considérer la grippe comme grave et 92 % à la percevoir comme fréquente. Si 64 % des personnes interrogées reconnaissent l’efficacité du vaccin contre la grippe, elles sont près de 47 % à penser qu’il peut provoquer des effets secondaires graves.

Expérimentation

Face au taux de couverture vaccinal encore trop faible et dans le cadre de sa campagne de vaccination contre la grippe, la MSA a lancé, entre mi-novembre 2017 et mi-janvier 2018, une expérimentation innovante en direction des seniors âgés de 65 à 69 ans. Cinq caisses MSA ont été concernées : Loire-Atlantique – Vendée ; Berry-Touraine ; Dordogne, Lot et Garonne ; Limousin ; Nord-Pas de Calais. Une dizaine d’infirmiers diplômés d’État ont mené des entretiens « motivationnels » par téléphone auprès de 2 000 adhérents de la tranche d’âge, non vaccinés et primo-vaccinants (personnes qui n’ont pas de remboursement du vaccin contre la grippe enregistré durant les trois dernières années). Ces seniors avaient reçu un courrier début octobre avec un bon de prise en charge mais n’avaient pas encore donné suite.

Engager le dialogue

L’objectif premier de ces entretiens a été d’engager un dialogue permettant à l’adhérent MSA de parler de son expérience de la grippe, d’évoquer sa connaissance des risques de la maladie et d’exprimer son point de vue sur la vaccination. L’infirmier a apporté des réponses circonstanciées aux questions soulevées. Le second objectif a été de permettre à l’adhérent de disposer d’une information lui permettant de faire un choix éclairé à l’issue de ce dialogue : se faire vacciner ou non, ou bien en parler avec son médecin traitant ou une personne de confiance pour approfondir sa réflexion.

La MSA moteur d’innovation

Par cette action d’éducation à la santé de grande ampleur auprès d’une population vulnérable au virus de la grippe, la MSA se positionne comme novatrice. L’expérimentation, basée sur des entretiens par téléphone réalisés par des équipes d’infirmiers, est une première. Cette approche particulière part du principe que le changement de comportement passe par le travail sur la motivation et la modification de l’intention via la discussion avec un professionnel de santé.

La généralisation en ligne de mire

Le rapport final d’évaluation du dispositif devrait sortir en mars 2018. Il permettra de prendre la décision de généraliser ce dispositif sur tout le territoire français à compter d’octobre 2018. Pour l’heure, les premiers résultats montrent que l’approche par l’entretien « motivationnel » peut avoir des effets positifs. Une personne sur six déclare une intention ferme d’aller se faire vacciner à l’issue de l’entretien. Près de la moitié vont prendre le temps d’en parler à une personne de confiance ou à leur médecin traitant.

Eve Dusaussoy

Comments are closed.