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Un projet partagé d’éco-quartier Faire vivre son territoire (2/6)

Mairie/école

© Bernard Gazé

Novion-Porcien, village des Ardennes, expérimente un projet d’habitat groupé pour accompagner le développement rural et tisser du lien social tout en stimulant l’activité locale.

Villes et villages durables, éco-quartiers, nouvel habitat groupé, ces mouvements déjà bien ancrés dans les têtes vont-ils devenir les concepts dominants de demain ? Il est d’ores et déjà acquis que notre mode de consommation – mais aussi de construction – doit être toiletté, et nombreux sont les quartiers, dans les villes et les villages, à s’engager dans des démarches de construction plus économes et respectueuses de l’environnement. Disposant de ressources agricoles, forestières, ouvertes à l’éco-tourisme, les campagnes s’inscrivent dans ce tempo.

Pour Jean-Marie Oudart, président d’Éco-territoires, qui rassemble en Ardennes Françaises des producteurs et des consommateurs pour organiser des circuits courts dans les domaines de l’alimentation, de l’habitat et des énergies renouvelables, « elles sont même tout à fait capables de relever le défi d’un développement durable en favorisant le développement local et le mieux vivre ». L’idée est de valoriser à la fois l’artisanal, le savoir-faire et les productions régionales (lire l’encadré sur la filière chanvre).

Le village vu à travers les yeux des enfants.© Bernard Gazé
Le village vu à travers les yeux des enfants.© Bernard Gazé
Gina Laplace (à gauche), travailleur social en charge du projet sur Novion-Porcien..© Bernard Gazé
Gina Laplace (à gauche), travailleur social en charge du projet sur Novion-Porcien..© Bernard Gazé
Réfléchir à un projet de vie global, et donc social..© Bernard Gazé
Réfléchir à un projet de vie global, et donc social..© Bernard Gazé
Le village vu à travers les yeux des enfants.© Bernard Gazé
Le village vu à travers les yeux des enfants.© Bernard Gazé
Le village vu à travers les yeux des enfants.© Bernard Gazé
Le village vu à travers les yeux des enfants.© Bernard Gazé
Travailler aussi les "ruines" du village..© Bernard Gazé
Travailler aussi les
De nombreux espaces verts sont intégrés au village..© Bernard Gazé
De nombreux espaces verts sont intégrés au village..© Bernard Gazé
Sur le "plateau", le site du futur éco quartier..© Bernard Gazé
Sur le
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Petit détour maintenant par Novion-Porcien, dans les Ardennes françaises : c’est après avoir participé en août 2010 à plusieurs visites de sites engagés dans ce type de démarches, en Wallonie (Belgique) et dans le nord de la France, que les élus de ce petit village de moins de 550 habitants – situé près de Rethel, entre Reims et Charleville-Mézières – proposent leur commune, dans le contexte d’un appel d’offres porté par la communauté de communes des Crêtes préardennaises, pour une démarche expérimentale d’éco-quartier et d’éco-développement. « Sans trop savoir précisément tout ce que cela recouvrait, confesse Élisabeth Géhin, Mme la Maire. Nous avons été séduits tout à la fois tant par le mode constructif (aboutissant à des économies d’énergie aujourd’hui indispensables) que par le mode associatif et participatif. Visiblement, partout, le désir était manifeste d’impliquer au maximum la population. » Car il est important que les villages gardent leur cohérence sociale et qu’à travers la démarche « village durable », les habitants imaginent eux-mêmes les projets à mettre en place pour concilier les approches économique, sociale, énergétique et environnementale.

Le lien social va se renforcer

Avec près de 20 associations, Novion-Porcien dispose d’un milieu associatif plutôt dynamique, regroupé au sein d’une fédération qui, tous les ans, tient sa fête associée, pour la première fois en 2012, à un comice agricole.

« Le lien social déjà existant va se trouver renforcé par le projet, précise André Valentin, l’élu associatif. Il s’agit maintenant de faire des propositions aux jeunes, de les intégrer, car leurs associations, par hypothèse, se vident lorsqu’ils vieillissent… Nous voulons également réfléchir à un projet locatif pour pérenniser l’afflux d’une population avec enfants. Car, sans enfants, l’école est menacée de fermeture et l’on s’expose à devenir un village vieillissant. En proposant qui plus est une accession à la propriété aux familles qui manifestent l’intention de s’installer, on redonne vie au village, tout en échappant à un développement de lotissement en périphérie, où de nouveaux habitants viendraient consommer de l’acquisition de terrain, du bien vivre à la campagne, mais sans jamais se présenter à la mairie. »

Dès le départ, les enfants ont eu la chance, à travers leur école, d’être placés au cœur de la démarche. Ce qui a permis, grâce à eux, de sensibiliser les parents.

Un travail a été conduit sur leur maison, les différents quartiers du village, les paysages, leurs attentes. Ils ont détaillé les endroits qu’ils aiment, ceux qu’ils apprécient moins, et comme toute vérité sort de leur bouche (air bien connu), ils ont fait émerger les vraies problématiques : la circulation des piétons rendue difficile en raison des 1 200 camions qui circulent tous les jours sur la nationale située entre deux échangeurs autoroutiers, un déficit d’endroits de rencontres. Leurs propositions vont dans le sens d’une réhabilitation de coulées vertes au sein du village, de l’installation d’une aire de jeux entre le cœur du village et son hameau, Provisy.

Plus largement, les habitants vont être amenés à préciser quelle forme donner à leur village dans 20 ans : quelles activités, sources énergétiques, quels services, commerces, environnement, lien social… instaurer ? Ou plus concrètement, comment mieux relier les différents quartiers du village étendu sur trois kilomètres, ou redonner accès au Plumion, la rivière qui coule tout en bas, un très bel espace végétal à se réapproprier.

Le projet d’éco-habitat groupé s’adossera à cette réflexion, non comme un lotissement rapporté au village, mais bien comme un organe de vie distillant de l’énergie à l’ensemble : un lieu qui mêlera le côté privé des habitations à l’aspect collectif des espaces publics.

Bernard Gazé

 

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