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Un réseau en actions Nouveau plan santé-sécurité au travail (3/6)

© Franck Beloncle/ CCMSA Image

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Les experts de la MSA agissent au quotidien sur le terrain pour promouvoir la prévention des risques professionnels et soutenir les entreprises agricoles dans cette démarche. Illustrations.

Limousin : une formation qui prend de la hauteur

Mise en place sur le précédent plan SST par la MSA du Limousin, la formation à la manipulation et à la contention des bovins va désormais intégrer un nouveau thème en lien avec les axes du nouveau plan : les chutes de hauteur. Le programme s’adapte.

Ainsi, après une première journée toujours dédiée à l’éthologie et une deuxième à la contention (matériel, installations…), la troisième journée, consacrée initialement aux échanges sur le métier d’éleveur, aux zoonoses et aux chiens de troupeau, abordera principalement les chutes de hauteur liées à l’utilisation des machines. La dernière journée sera consacrée aux risques psychosociaux.

Des thèmes spécifiques pourront, à la demande des stagiaires, être abordés lors d’une cinquième journée. On retrouvera, par ailleurs, ce qui a fait le succès de cette formation. À savoir, le tempo : quatre journées espacées d’au moins une semaine entre elles. Ce format original permet le retour des participants sur les différentes pratiques et théories enseignées.

Autre facteur de réussite : l’intervention des techniciens de l’institut de l’élevage, de la chambre d’agriculture, des conseillers en -prévention et des médecins du travail de la MSA du Limousin.

La formation reste ouverte à tous, selon les critères d’attribution des aides financières : dans l’optique de faire avancer le collectif de travail, l’ensemble des personnes travaillant sur l’exploitation sont fortement incitées à suivre la formation ; elles devront être présentes pendant les quatre jours de la session ; à l’issue de la formation, les entreprises seront tenues, afin de percevoir l’aide, de mettre en place une amélioration de leur système d’élevage pour réduire les risques.

Pour la réaliser, les entreprises agricoles peuvent bénéficier de l’expertise d’un conseiller en prévention de la MSA du Limousin. C’est aussi ce dernier qui apprécie l’amélioration, avant la validation définitive du projet par les élus MSA.

Picardie : campagne de test pour protège-cardans

Dans le cadre du plan SST 2011-2015, la MSA de Picardie s’est attelée aux risques liés à l’utilisation des machines dans le secteur agricole. Elle a lancé, en avril 2014, une campagne de tests de protège–cardans au sein de 29 entreprises de toute la région, en polyculture, polyculture-élevage, -jardins-espaces verts, maraîchage, Cuma, etc.

L’équipe de prévention de la caisse de MSA a installé 49 bols de protection « Protecma » sur des remorques, herses, pailleuses, pulvérisateurs, broyeurs de végétaux… ayant des besoins de protection.

© MSA de Picardie

© MSA de Picardie

Ces bols recouvrent la zone de rotation des cardans pour renforcer la sécurité des utilisateurs de tracteurs et de machines agricoles. « Ils suppriment les risques de blessures ou de happement, qui peuvent avoir des conséquences graves : des vêtements arrachés dans le meilleur des cas, le bras ou carrément la personne elle-même happée dans le pire des cas », précise Fabien Dumaire, conseiller en prévention des risques professionnels à la MSA de Picardie.

L’arbre à transmission d’énergie, qui relie les outils et effectue des mouvements de rotations, doit impérativement être protégé, de manière à éviter le risque de contact, tout en permettant son articulation.

« Les bols de protection des zones dangereuses utilisés habituellement sont rigides et difficilement démontables. Ils se détériorent rapidement et peuvent se casser. L’alternative Protecma en silicone souple,  ne se déforme pas sous l’effet des écarts de température. Elle permet d’accéder aux parties à graisser tout en restant fixée. »

La MSA de Picardie a recueilli l’avis des entreprises testeuses après plusieurs mois d’utilisation. Outre la solidité du matériau, elles apprécient de pouvoir accéder aux mâchoires de cardan sans se blesser les mains. « Les retours sont positifs. À voir si le bouche-à-oreille va prendre entre les agriculteurs qui l’utilisent et les autres… »

Portes de Bretagne : mal-être, de l’étude à l’action

Tout est parti d’un constat partagé entre un travailleur social, un médecin du travail et un conseiller en prévention de la MSA Portes de Bretagne. 2009 : la filière bovins lait est confrontée à une crise économique. Les acteurs de l’action sociale et du service SST de la caisse observent du mal-être chez les éleveurs.

Un groupe de travail est alors mis en place pour réaliser un diagnostic sur les cantons de Montfort-sur-Meu et de -Montauban-de-Bretagne, avec la participation des élus MSA du secteur.

Objectif : mettre en évidence les facteurs de stress prioritaires et proposer des actions pour intervenir. Menée avec l’appui d’une étudiante en master 2 psychologie ergonomie de Rennes 2, l’étude est une affaire sérieuse : questionnaires de santé, entretiens collectifs, entretiens individuels approfondis…

Les facteurs de stress prioritaires identifiés sont : la pression de la trésorerie (faible revenu, hausse des charges, nécessaires compétences de gestion…) ; la charge de travail (gestion des pics de travaux, administratif) ; les relations interpersonnelles (manque de soutien social et défaut d’autonomie décisionnelle) ; les récompenses perçues (manque de reconnaissance sociale, écart entre le revenu perçu et le travail fourni, etc.).

En découle un plan d’action à destination des non-salariés, présenté aux différents partenaires locaux : DDTM, chambre d’agriculture, banques, centres de gestion, groupes de développement, syndicats agricoles, fédération départementale des Cuma…

Depuis 2010, vingt journées d’échange, animées par un conseiller en prévention et un travailleur social, ont réuni plus de 200 exploitants. Elles permettent, entre autres, d’aider les participants à trouver des ressources pour améliorer leur situation. Des journées « contrôles sans stress », organisées par la DDTM, la chambre d’agriculture et le groupe d’étude et de développement agricole, sont également proposées. Des réunions ou des conférences ont également été organisées sur la relation employeur/salarié, l’organisation ou le bien-être au travail en agriculture.

Depuis 2014, une formation « Repenser son bien-être au travail » est venue compléter ce tableau (huit séances sur trois à quatre mois). Animée par une psychologue du travail, un conseiller en prévention et un travailleur social, elle permet à l’exploitant de trouver des solutions pour agir sur le travail.

 

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